L’affaire a fait polémique il y a quelques mois et a été vigoureusement démentie par les ministres de l’actuel gouvernement.
On s’aperçoit maintenant qu’elle est bel et bien réelle et qu’elle a été évoquée trois fois en conseil des ministres. La dernière fois remonte à vendredi dernier, 27 juillet 2012.
Il s’agit de l’indemnisation des prisonniers (essentiellement islamistes) condamnés à de lourdes peines sous Ben Ali.
Le montant évoqué par le ministre des Finances (un milliard de dinars au moins) nous a été confirmé par de hauts cadres du ministère. Selon une petite opération de calcul, cela veut dire que chaque Tunisien paiera de sa poche cent dinars (400 dinars pour une famille de quatre personnes, y compris les mineurs) pour indemniser ces anciens prisonniers.
Le montant sera puisé, déclare une source bien informée à Business News, dans la réserve consacrée aux événements exceptionnels et d’urgence telles les inondations, sécheresse, catastrophe naturelle…
Selon notre source, les bénéficiaires pourraient obtenir une indemnisation allant jusqu’à 50.000 dinars qui s’ajoutera à la compensation déjà obtenue, celle du recrutement dans la fonction publique.
Plus que cela, un montant sera versé par l’Etat aux caisses sociales pour que ces bénéficiaires obtiennent leur retraite en intégralité.
Samir Dilou a démenti dimanche 29 juillet les propos de M. Dimassi à ce sujet, mais on remarque qu’il a été assez fin pour jouer sur les mots. Il a indiqué que le gouvernement s’est « engagé à ne pas mettre en danger l’équilibre budgétaire en accordant des indemnisations financières », ce qui est vrai puisque le montant sera puisé dans les réserves d’urgence.
En clair, M. Dilou laisse entendre que cette histoire est fausse en s’appuyant sur de petits détails insignifiants, mais donne d’autres petits détails (anodins pour le citoyen lambda) qui ne font que confirmer les propos de Houcine Dimassi et nos sources au ministère des Finances.
L’affaire soulève plusieurs remous quant à l’identité de ces bénéficiaires. On s’interroge notamment sur ceux qui ont été condamnés pour des faits criminels réellement commis, mais camouflés par leur activisme politique.
Dans le milieu des affaires, le ras le bol commence à se faire ressentir et certains évoquent carrément la désobéissance civile.
Nous y reviendrons.
Crédit dessin : Lotfi Ben Sassi










