Le ministère de la Justice a indiqué, dans un communiqué publié jeudi 27 septembre 2012, que le dossier du viol de la jeune femme par des agents de la police a été pris immédiatement en charge par la justice, soulignant que «le fait d’être une victime ne fournit pas d’immunité contre ses autres crimes punis par la loi». La loi permet au procureur de la République d’inculper en accord avec les dispositions du Code de procédure pénale toute personne ayant commis une violation du droit pénal, selon les faits présentés à lui.
Le ministère précise également qu’engager des poursuites légales contre une personne soupçonnée d’avoir commis une violation de la loi «ne représente pas une forme de pression même s’il s’agit de la victime principale dans l’affaire», comme le prétendent certains.
D’autre part, le ministère de la Justice a expliqué qu’il était tenu d’appliquer le droit de réserve et la confidentialité dans ses investigations, en respect de la vie privée des individus, tout en insistant sur le fait que «toute personne est innocente jusqu’à preuve du contraire. Révéler les détails d’une affaire en justice au public peut être préjudiciable, outre ses répercussions négatives sur les parties prenantes de l’affaire et leurs familles».
Le document évoque également «la hâte de certains à commenter et à émettre des jugements injustes concernant cette affaire sans vérifier les éléments du dossier», ce qui nuit au prestige de la justice tunisienne et à la réputation du pays.
Ces «déclarations, contraires à la vérité» menacent de semer la confusion au sein de la magistrature et d’empêcher les juges de s’acquitter convenablement de leur devoir, selon le même communiqué.
Le ministère de la Justice a réitéré sa volonté d’instaurer une justice indépendante et son respect à ce principe. Il a exprimé son soutien à tous les magistrats et son rejet de toute tentative pour toucher leur statut et leur crédibilité. Il a rappelé que pour l’intérêt de tout le monde, il faut éloigner la justice des différends politiques et partisans, soulignant que toucher au prestige de la justice tunisienne et à la confiance qu’elle inspire à l’intérieur et à l’extérieur du pays représente une grave menace pour la réputation du pays et pour la justice en général ainsi qu’une menace pour la continuité de l’Etat.










