Le rapport de l’Observatoire de la Conjoncture Economique (OCE) de l’Institut National de la Statistique, fait ressortir une conjoncture économique assez alarmante pour septembre 2012 et affirme que « après une année 2011 agitée au-delà du prévisible, qui s’est soldée par une récession économique inédite, le rétablissement tant attendu et espéré de l’activité économique s’avère encore bien timide. Confrontée à un contexte sociopolitique délicat qui pèse, naturellement, sur le climat des affaires et la demande intérieure, l’économie nationale a été en plus rattrapée, en 2012, par la pesanteur de la morosité de son environnement extérieur immédiat, ce qui la condamne à traverser pendant un bon moment encore, un trou d’air aux causes multiples ».
Selon la note de l’OCE, malgré une croissance annuelle positive enregistrée par le PIB pour le deuxième trimestre 2012, et une baisse du taux de chômage, « il est encore prématuré de parler d’un ‘’redressement’’ économique ».
En effet, « la situation du marché de l’emploi demeure très mitigée en dépit d’une apparente baisse du chômage d’un taux ‘’circonstanciel’’ de 18,9% en 2011 à un niveau, encore très élevé, de 17,6% au printemps 2012 ». Or, selon le communiqué, si les prévisions officielles font état d’une progression de 3,5% de l’économie cette année et de 4,3% l’an prochain, la Tunisie devra réaliser une croissance d’au moins 6%, pour que le chômage se stabilise et pour renouer avec une croissance régulière. Le communiqué de l’OCE souligne que, selon plusieurs enquêtes sur l’emploi menées depuis plusieurs années auprès des ménages, l’augmentation élevée du chômage a notamment touché les populations diplômées de l’enseignement supérieur, dont le taux de chômage pourrait atteindre 34% vers 2014, contre 14,6% en 2005 et 23,3% en 2010.
Le rapport de l’OCE fait ressortir les deux « chocs majeurs auxquels fait face l’économie tunisienne en 2012 ». Tout d’abord, les répercussions de la conjoncture dégradée chez nos partenaires européens fait ressortir une croissance du premier trimestre 2012, relevant du ‘’rebond technique’’ et une croissance du deuxième trimestre, assimilée à une ‘’croissance spontanée plus compatible avec la conjoncture actuelle’’. Le deuxième choc de l’économie tunisienne concerne « la forte accélération de l’inflation depuis la mi-2011 »
Cette situation «risque de durer, compte tenu de l’inertie structurelle et culturelle qui caractérisent le tissu économique », souligne le rapport de l’Observatoire de la Conjoncture Economique de l’INS.










