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Le gouvernement tunisien mérite un zéro de conduite, selon Iyadh Ben Achour

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    Dans une interview accordée au journal français "La Croix", en date du 2 octobre 2012, Iyadh Ben Achour revient sur la scène politique pour commenter, analyser et évaluer le rendement du gouvernement et de l’ANC.

    Pour ce juriste, ancien président de la Haute Instance tunisienne pour la réalisation des objectifs de la révolution, le parti Ennahdha, qui dirige la coalition au pouvoir, est incompétent et entretient des relations dangereuses avec les salafistes.
    Il a déclaré : "En 2005, Ennahdha s’était engagé sur la voie de l’islamisme démocratique dont nous rêvons tous, en formant une plate-forme commune avec les partis modernistes sur l’Etat de droit, l’égalité hommes-femmes, les libertés publiques, etc. Il y avait alors eu un mouvement de convergence entre l’islamisation de la gauche d’un côté et la démocratisation des partis islamistes de l’autre. Cela autorisait à croire en la capacité d’Ennahdha de promouvoir un islamisme moderne. J’ai ardemment défendu cette position. Malheureusement l’incompétence du premier parti au pouvoir dépasse l’entendement".

    Il a argué : « pas un seul des quinze grands dossiers prioritaires pour le pays depuis la révolution n’a bougé d’un iota. Qu’il s’agisse d’économie, d’équilibre régional, de justice transitionnelle, etc. Le gouvernement mérite un zéro de conduite. La situation sociale est tendue. L’administration est déstabilisée. De nombreuses coupures d’eau et d’électricité ont affecté les régions du Sud alors que cela ne s’était pas produit pendant tout le temps de la révolution ! Des personnes sont emprisonnées sans jugement depuis dix-huit mois. Des tortionnaires courent toujours".
    "Pendant ce temps, Ennahdha agite inutilement la société avec des thèmes archaïques. Avec les extrémistes salafistes, il joue avec le feu !", a-t-il ajouté.

    Quant à l’avenir du pays, M. Ben Achour a déclaré :"Nous vivons une période de turbulences susceptibles de mal tourner. Les salafistes, petite minorité très agissante, gagnent du terrain avec la complicité d’une partie d’Ennahdha au moins… Je reste toutefois confiant dans la capacité des Tunisiens à affronter leurs contradictions et à les régler par le pluralisme et la démocratie. Jusqu’à présent, les partis d’opposition et la société civile ont été les gardiens des lignes rouges à ne pas franchir…

    Evoquant la Constituante, il a affirmé : "L’ANC s’est arrogée le pouvoir législatif au lieu de se consacrer à la rédaction d’une nouvelle Constitution et perd ainsi beaucoup de temps. Dans le mois qui vient, on devrait disposer d’une nouvelle mouture du projet de Constitution et le gouvernement devrait annoncer une feuille de route. Mais il entretient le flou… Et vu le retard accumulé, des élections ne pourront pas se tenir, au mieux, avant fin 2013".

    D.M

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