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Tunisie – Le manque d’équipements, une tare qui touche des secteurs vitaux

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Depuis l’avènement de la révolution, les Tunisiens font face à plusieurs problèmes d’ordre divers qui touchent des secteurs vitaux dont, notamment, ceux de la sécurité de l’hygiène et de la santé, un constat s’impose : c’est le manque d’équipements adéquats et, souvent, élémentaires des administrations.

Derniers développements obligent, nous commencerons par évoquer la situation dans deux départements ayant maille à partir avec la prolifération accrue du fléau du terrorisme à travers plusieurs régions du territoire tunisien où le climat sécuritaire est très tendu. Ceci contraint les forces de l’ordre à sortir, parfois, de leur obligation de réserve et de dénoncer le manque criard d’équipements pour pouvoir faire face aux défis lancés par des extrémistes qui entreprennent des activités nuisibles et inquiétantes depuis la révolution, plus particulièrement depuis la prise du pouvoir par la Troïka.

Les pertes enregistrées dans les rangs des sécuritaires sont assez considérables. On déplore neuf morts au sein des forces de l’ordre durant le seul mois d’octobre 2013 et le bilan s’élève à près d’une trentaine entre policiers, éléments de a Garde nationale et militaires depuis le début de l’année. Tous ont été lâchement tués par des groupes terroristes.
Le Syndicat national des forces de sécurité intérieures a mis le doigt sur l’un des maillons faibles dont souffre leur corps en constatant un manque flagrant en équipements nécessaires, dont précisément l’absence, pure et simple, de gilets pare-balles, un outil essentiel et nécessaire pour mener une lutte efficace contre les terroristes. Et dire que de nombreux éléments de ces groupes extrémistes en disposent !
Ces défaillances et manques d’équipements ont entraîné un mécontentement tel chez les forces de sécurité qu’elles n’ont pas hésité à exprimer leur colère et leur ras-le-bol d’une manière très virulente lors de la cérémonie funéraire rendant hommage aux deux agents tués à Goubellat. En effet des membres du syndicat avaient chassé les trois présidents, Moncef Marzouki, Ali Laârayedh et Mustapha Ben Jaâfar, présents à la caserne d’El Aouina pour assister à cette cérémonie, tout en les traitant de « lâches » et en leur lançant l’incontournable « Dégage ».

L’autre domaine aussi névralgique, touché par le manque d’équipements est celui de la santé, plus particulièrement celui du secteur public. Un manque aussi incontestable que criard. Ce constat a été, d’ailleurs, confirmé par le directeur du Centre d’études techniques de maintenance biomédicale et hospitalière, Fathi Amous, en marge de l’ouverture des 9èmes journées d’ingénierie et de maintenance biomédicale et hospitalière tenues, les 8 et 9 novembre 2013 à Hammamet sud. Fathi Amous a indiqué qu’environ 60% des équipements des laboratoires d’analyses médicales et des services de radiologie des établissements publics de santé ont dépassé la durée maximale d’utilisation fixée à dix ans. « Il est temps d’acquérir du matériel neuf adapté au progrès médical et qui puisse contribuer à l’amélioration des prestations de santé », a-t-il ajouté en précisant que la rénovation du matériel doit être accompagnée d’une mise à niveau de l’infrastructure des salles et des services qui seront dotés de ces équipements ainsi que d’une formation des techniciens et du personnel chargés de l’exploitation et de la maintenance de ces appareils.
Pour sa part, le ministre de la Santé, Abdellatif Mekki, a indiqué que « les responsables du département sont conscients de la nécessité de renouveler les équipements des établissements hospitalo-universitaires », en affirmant que l’augmentation du budget de l’équipement de 15 millions de dinars en 2010 à 96 millions de dinars en 2013 témoigne de l’attachement des autorités à assurer des services de qualité dans les établissements hospitaliers ».
« L’amélioration de la qualité des services du secteur de santé publique nécessite le doublement du budget du département pour atteindre 12% de celui global de l’Etat », a encore dit M. Mekki.
Le ministère de la Santé s’active actuellement pour trouver des financements pour la création de 10 nouveaux centres hospitalo-universitaires dans différentes régions du pays.

Les déficits logistiques touchant à des secteurs vitaux, et dont souffre le pays, ne s’arrêtent pas là, ils concernent aussi l’hygiène des citoyens et l’aspect environnemental.
Depuis la révolution, la Tunisie est devenue une immense décharge publique à ciel ouvert, les déchets et les ordures envahissant, désormais, les rues et cités, même dans les quartiers les plus huppés.
Les répercussions de cette pollution sont innombrables, allant de la propagation des épidémies chez les habitants jusqu’à la présence d’animaux, dont on croyait l’apparition comme étant révolue, dans des zones urbaines.
Justement, une vraie polémique s’est déclenchée ces derniers jours, lorsque des sangliers ont été repérés dans des quartiers résidentiels à Ennasr à la recherche de nourriture, une bonne dizaine de ces bêtes sauvages se sont attroupées autour des amas d’ordures.
Le maire de l’Ariana, Karim Helali, tout en essayant de remettre la balle dans d’autres camps, a dû reconnaître que les services municipaux, multiplient les efforts pour faire face aux immenses déficits, d’autant plus que la totalité du parc de la municipalité de l’Ariana a été incendié au moment de la révolution.

Nous nous sommes contentés de citer des exemples et des cas concrets constatés dans des secteurs sensibles, mais le manque d’équipements semble sévir un peu partout dans les administrations tunisiennes, ce qui entrave, considérablement, leur niveau de productivité et l’efficacité de leurs prestations au profit des citoyens.
Une action généralisée et urgente est attendue tout en classant cette opération de renouvellement et de renforcement du matériel parmi les priorités des gouvernants, plus précisément dans les secteurs vitaux touchant à la sécurité, à la santé et à la qualité environnementale dans le pays.

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