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Jabeur Mejri : J’étais certain que je serai libre le jour où Ennadha ne sera plus au pouvoir

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    Jabeur Mejri, premier prisonnier d’opinion, a été libéré depuis peu. Il a accordé en exclusivité au journal français L’Express un entretien où il est revenu sur son expérience de la prison et sur ses projets d’après la libération.
    Evoquant son interpellation le 28 mars 2012, Jabeur Mejri a précisé que la caricature su la base de laquelle il a été arrêté, il l’avait partagée sur son compte Facebook où il n’avait que 16 amis. Des personnes avaient, cependant, montré cette publication à un imam de Mahdia (qu’il présente comme étant proche d’Ennahdha). Mejri a ajouté : « J’ai été maltraité pendant les premiers jours d’enquête, j’ai été torturé, pour m’obliger à signer des aveux », rétorquant que « le juge d’instruction a simplement repris ce document sans plus d’investigations. La justice est de toute évidence politisée ».

    Se présentant comme un prisonnier pas comme les autres, Jabeur Mejri a révélé qu’il était souvent insulté par les gardes et qu’il a subi une souffrance psychologique due à la mise à l’écart qui le visait de la part des autres prisonniers et la solitude qui en a résulté. Une solitude amplifiée par les psychotropes que les médecins lui auraient prescrits.

    Interrogé par rapport à sa perception de la position de Moncef Marzouki quant à son emprisonnement, Jabeur Mejri a précisé qu’il était persuadé que le président de la république, quoique « laïque », ne pouvait pas s’affranchir de la mainmise des islamistes et notamment le parti Ennahdha. « Je ne me faisais donc pas beaucoup d’illusions sur ma libération, j’étais certain que je serai libre le jour où Ennahdha et les Frères musulmans ne seraient plus au pouvoir. C’est effectivement ce qui s’est passé : dès la chute d’Ennahdha, j’ai été libéré », a-t-il ajouté.

    Alors que son départ en Suède négocié par les autorités tunisiennes a été démenti d’une certaine manière, Jabeur Mejri a annoncé qu’il comptait partir en Suède, y finir ses études, après que cela lui ait été proposé. « La Tunisie ne réfléchit pas à ses enfants, elle ne me fait pas ressentir que je suis un citoyen », a-t-il répliqué pour commenter son attachement à la Tunisie.

    Par ailleurs, Jabeur Mejri est revenu sur l’affaire de détournement de fonds dans laquelle il est impliqué. Il a laissé entendre que cela a été, de la part de Ghazi Béji, son collègue impliqué comme lui dans l’affaire des caricatures, comme une manière de se venger. Il lui en aurait voulu suite à des propos l’accusant d’avoir dénoncé son athéisme auprès des autres collègues. « Ces 1700 dinars étaient effectivement introuvables, mais relevaient du guichet des abonnements dans lequel je n’ai jamais travaillé », a-t-il précisé.

    Après sa libération, Jabeur Mejri demeure « la cible d’imams extremistes » se positionnant contre sa libération, comme il l’a précisé. « Je n’ai pas l’intention de devenir un militant pour la liberté d’expression, je suis fatigué », a conclu Jabeur Mejri qui a ajouté qu’il évitera désormais de recourir au mot athée pour se présenter plutôt en tant que laïque, quoique conscient lui-même de la différence résidant entre les deux notions.

    I.O

    En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/jabeur-mejri-en-tunisie-les-affames-se-mangent-entre-eux_1498886.html#XkJSGguK1X7VsTjM.99

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