Suite à l’information que nous avons diffusée hier 15 mars, concernant l’arrestation et la relaxe de l’homme d’affaires Khaled Kobbi, nous avons été contacté, en ce dimanche 16 mars 2014, par son avocat, Me Nazih Souii qui nous a apporté la version des faits de son client.
Tout a commencé par une grève que les ouvriers de l’entreprise Kobbi ont entamée ; une grève qui aurait un caractère illégal au vu du non respect de la procédure (préavis), selon notre interlocuteur. Ces mêmes ouvriers ont refusé de reprendre le travail bien que leurs revendications aient été satisfaites et ont préféré poursuivre leur grève. Selon Me Souii, le représentant syndical des ouvriers les a induits en erreur, et en vertu de l’article 387 du code de travail, tous les contrats des ouvriers grévistes ont été rompus. Ces derniers ont toutefois, émis un préavis de grève, en vue de rattraper leur erreur, sauf que celui-ci n’avait plus de sens.
« La majorité des ouvriers a repris immédiatement le travail, seulement 68 d’entre eux ont refusé et ont tenu à imposer, par la force, de ne pas tenir compte de la grève illégale sans même s’en excuser. Leur démarche a commencé par l’immobilisation des travaux sur les chantiers et c’est pourquoi des plaintes pour obstruction et atteinte à la liberté de travail ont été déposées auprès des parquets de Sousse et de Béja. En seconde phase ils ont envahi l’immeuble abritant l’administration ainsi que huit autres sociétés et ils l’ont occupé depuis le 26 février : ils y dorment, préparent les repas et le thé à longueur de journée tout en gênant les clients au point de les expulser, touchant même des investisseurs italiens venus acheter 5 ha de terrain pour la construction d’une usine. Plusieurs plaintes ont été déposées afin de les déloger et les enquêtes sont en cours » explique l’avocat de Khaled Kobbi.
Le 14 mars courant, très tôt dans la matinée, les individus en question ont procédé à l’expulsion des vigiles de la société de gardiennage et ont même bloqué tous les passages afin d’empêcher toute personne d’y accéder. De ce fait, de nouvelles plaintes ont été déposées dans l’après-midi de la même journée, et en dépit de la présence de la police sur place, les ouvriers grévistes, munis de bâtons et de pierres, se sont attaqués aux vigiles, au moment où 8 des ouvriers ont séquestré une personne à l’intérieur et l’ont rouée de coups. « Samedi 15 mars, à son arrivée de l’étranger, Khaled Kobbi a été convoqué par la brigade saisie de l’affaire et a été entendu de façon normale, aucun avis d’arrestation n’a été émis contre lui. Il n’est pas possible que le ministère public émette un mandat d’arrêt et se rétracte, ce genre de procédure est très sérieux, elle n’est jamais manipulée avec légèreté » précise Me Nazih Souii.
Khaled Kobbi n’a pas pu entrer dans son bureau depuis le 26 février dernier et neuf de ses sociétés sont toujours à l’arrêt, puisque l’immeuble qui les abrite a été occupé de force par les ouvriers grévistes. Et d’ajouter qu’aucune personne n’a été admise à l’hôpital en dehors de celle qui a été séquestrée, aucun couteau ni chaîne n’ont été saisis, seuls les occupants étaient armés de bâtons qu’ils ont gardés.










