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Al Massar : Rencontre-débat « Une économie à bout de souffle ! Quelles alternatives ? »

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    La section Ariana d’Al Massar a organisé une table ronde autour du thème : « Une économie à bout de souffle ! Quelles alternatives ? ». La rencontre-débat s’est tenue mardi 18 mars 2014, avec la présence de quelques figures d’Al Massar, comme le porte-parole du parti Jounaïdi Abdeljawed ou encore le député Fadhel Moussa.

    La table ronde a été animée par Hédi Sraieb, membre de la commission économique d’Al Massar et Docteur d’Etat en économie du Développement qui s’est chargé de présenter la situation économique en Tunisie et ses alternatives.

    M. Sraieb propose dans son exposé de sortir des schémas classiques afin de trouver des solutions à l’amélioration d’une situation économique précaire. Il est venu spécialement de Paris pour animer le débat. Il fait un état des lieux d’un « modèle à bout de souffle » qui s’articule autour de ce qu’il appelle « les legs du régime déchu » et d’un actuel « mimétisme islamo-libéral » qui n’a fait qu’empirer la situation. De ce fait, il oppose une alternative viable et équitable contre un système qui donnait des chiffres tronqués « partiels » et « partiaux », d’après lui. Par ailleurs, il dénonce le « modèle du bon élève du FMI », un trompe l’œil si on considère que pendant 20 ans la Tunisie a affiché un taux de 5% de croissance alors qu’en même temps la fracture sociale se précisait, selon lui il s’agit d’un oxymore. Quelques chiffres le prouvent : il se trouve que 60% de la population du littoral bénéficient de 85% de la richesse, pour les régions du centre et de l’ouest du pays 25% de la population bénéficient de 50% alors que concernant celle du sud et du désert 15% bénéficient de seulement 10%.

    Hédi Sraieb évoque une fracture régionale, dont la zone du phosphate est l’illustration par excellence. Il qualifie la situation du bassin minier de scandaleuse, en évoquant les problèmes de l’absence de stations d’épuration d’eau polluée qui s’infiltre dans les nappes phréatiques, ou bien le « scandale » atmosphérique de Redeyef où les particules de pollution se trouvent être très loin au dessus des normes établies.

    Le membre de la commission économique d’Al Massar, attire aussi l’attention sur l’image erronée d’une classe moyenne fleurissante, qui souffre en réalité d’une répartition inégale des richesses , et sur celle du miracle économique qui souffre d’un taux d’évasion fiscale entre 30% et 40%, cette fuite des capitaux est un obstacle pour l’amélioration de la situation économique.
    Un constat qu’il nous invite à retenir, est que le népotisme et la corruption ne sont pas les seules raisons de la dégradation économique. Cela résulte aussi de l’application d’une économie à deux vitesses, il cite ainsi les domaines de l’éducation et de la santé. Il rajoute que pendant cette dernière période, on assiste à une reconduite mimétique islamo-libérale, marquée par trois facteurs déstabilisant le système économique : le laxisme, la privatisation et l’incompétence.

    La question qui se pose, relancer quelle machine économique ? Puisque le modèle est en ruine et qu’il a failli. La Tunisie selon, M. Sraieb est sur la corde raide « on a atteint un sommet critique » rajoute-t-il. Les importations qui dépassent, et de loin, les exportations est un signe alarmant, de même que le remboursement des dividendes des entreprises étrangères en devise.

    Cependant, M. Sraieb assure que le budget 2014 sera bouclé puisqu’aucun des bailleurs ne laissera tomber le Tunisie pendant sa période transitionnelle mais qu’il faut penser à des solutions à long terme. En effet, il préconise que l’investissement public précède l’investissement privé « sans le public pas de privé » d’après ses dires. Il faudrait offrir une articulation, une synchronisation entre les deux secteurs. Il est nécessaire selon lui de construire un nouveau « vivre ensemble » et réformer l’administration. Par ailleurs, il insiste sur la nécessité d’enclencher une révolution dans le domaine fiscal et bancaire. L’Etat est tenu de trouver des solutions immédiates à la situation économique difficile. Hédi Sraieb affirme que les déficits et les pertes sont plus importantes qu’il n’était convenu de dire, néanmoins qu’il fallait s’organiser pour la suite et pauser les bases d’un système solide. Il rajoute, que l’une de ses appréhensions est de persister dans une privatisation rampante, telle que la vente, comme il les qualifie des « bijoux de famille » (la STEG, la SONEDE…) qui passent par un cumul de problèmes dû à l’absence de projets industriels à long terme.

    M. Hédi Sraieb affirme à la fin de la rencontre, que la Tunisie possède une tradition des services publics et qu’il faut les sauver et les amener à l’excellence à travers un plan stratégique.
    Al Massar s’inscrit dans cette optique d’une économie sociale qui permettra de réduire les différences de classes et en pensant à un développement durable.

    I.L.

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