Le quotidien arabophone Le Maghreb a publié, dimanche 23 mars 2014, en exclusivité, des détails croustillants concernant la réunion du Conseil national de sécurité, tenu vendredi 21 mars au palais de Carthage. Un conseil auquel prend part, pour la première fois, le chef du gouvernement Mehdi Jomâa et qui a permis de faire connaître au public des échanges, pas toujours cordiaux, entre Moncef Marzouki et Mehdi Jomâa.
Les révélations de la journaliste Kaouther Zantour semblent avoir déplu au député CPR, Samir Ben Amor qui dépasse le fond des échanges pour se fixer sur les parties qui ont fait fuiter les informations.
D’après lui, l’Etat a été clochardisé ! C’est la même attitude adoptée par le député lors de la fuite du document de la CIA qui a averti le ministère de l’Intérieur sur l’assassinat de feu Mohamed Brahmi. Le souci de Samir Ben Amor était sur la partie ayant fait fuiter le document et non les défaillances du ministère de l’Intérieur qui ont conduit à l’assassinat.
Concernant le fond des échanges lors de ce conseil national de sécurité, on apprend que Mehdi Jomâa demandait chaque fois des précisions des dirigeants des forces de l’ordre et de l’Armée. Il n’hésitait pas ainsi à arrêter ces dirigeants sur chaque point demandant un éclaircissement. L’attitude de Mehdi Jomâa a agacé Moncef Marzouki qui a demandé à ce que l’on ne coupe plus les orateurs à demander les éclaircissements nécessaires à la fin de la réunion. Réaction ordinaire pour ceux qui cherchent à camoufler certaines choses puisque les réponses en bloc en fin de réunion permettent de zapper plusieurs détails importants.
Durant la même réunion Moncef Marzouki s’est adressé à Lotfi Ben Jeddou avec un ton assez emporté à propos de la dernière conférence de presse du ministère de l’Intérieur et de l’opération de Menzel Nour. Il semble avoir adopté, d’après Le Maghreb, les positions des parties qui ont mis en doute la version du ministère de l’Intérieur. Moncef Marzouki a demandé à ce que les forces de sécurité respectent les Droits de l’Homme, même quand il s’agit d’affronter des terroristes. Lotfi Ben Jeddou a maintenu le silence et s’est engagé à lui envoyer un rapport écrit, bien que rien ne l’oblige à ce faire, puisqu’il dépend du chef du gouvernement et non du président de la République.
Ce sont tous ces détails, ébruités par Le Maghreb, et qui ne donnent pas forcément une bonne image de Moncef Marzouki qui semblent avoir dérangé Samir Ben Amor. Il essaie, depuis un moment, de s’approcher de la présidence de la République en multipliant les phrases élogieuses à l’égard de Moncef Marzouki qui l’a poussé à la porte quelques mois seulement après sa nomination en qualité de conseiller.











