Par Marouen Achouri
Encore une fois, notre président de la République, Moncef Marzouki est allé nous faire honte à l’étranger. Bizarrement, sa langue ne se délie que dans les colonnes des journaux étrangers. Il doit penser que les médias tunisiens ne sont pas à la hauteur de son altesse sérénissime. Mais ce n’est pas le plus grave. Ce qui est grave c’est qu’il profite, presque à chaque fois, de ses passages dans les médias non-tunisiens pour dénigrer des Tunisiens, institutions et personnes.
Dans une interview accordée au journal marocain Tel Quel, Moncef Marzouki s’en est donné à cœur joie. Pour lui, les sondages en Tunisie sont "commandés, achetés et ne valent rien". Les instituts tunisiens apprécieront. En fidèle adepte de l’improvisation, il doit certainement s’en remettre aux sondages effectués par la présidence dans les cafés populaires et dans la rue comme nous l’avait expliqué son chargé de communication.
Nous pourrions-nous poser la question de savoir pourquoi le CPR ne commande-t-il pas ses propres sondages? Puisqu’il est apparemment normal d’aller pleurnicher dans les bras des médias étrangers, pourquoi ne pas faire appel à des instituts de sondage européens ou américains pour nous montrer le vrai poids du CPR aujourd’hui?
Dans le même entretien, le président de la République déclare que sa fonction est d’empêcher que les Tunisiens s’entretuent. Il est vrai que sans ses interventions tonitruantes nous pourrions baigner aujourd’hui dans un bain de sang total. Son cri hystérique au pied du mont Châambi a certainement fait fuir au moins la moitié des terroristes ! Il est aussi pertinent de noter que l’interview a soigneusement évité certains thèmes comme l’histoire de Jabeur Mejri, le Livre noir édité par la présidence de la République ou encore le fait qu’il soit totalement exclu du dialogue national. On pourrait supputer que ce soit le président qui a demandé à ne pas aborder ces thèmes, ce qui est une pratique usuelle. Mais il est inutile de mettre dans le chapeau de l’interview : Entre lui et les Tunisiens dits modernistes, il y a un grand malentendu. Après avoir évoqué la possibilité de pendre ce que l’on appelle modernistes dans les rues de Tunis, il n’est pas démesuré de penser que tout malentendu a été dissipé.
Le président Marzouki refuse également de dire s’il sera, ou non, candidat à la présidence. Toutefois, quand on évoque un sujet qui l’irrite particulièrement, à savoir sa démission de son poste, celui-ci dit qu’aucun Etat au monde n’exige la démission d’un président s’il est candidat. Cela aurait été plausible si on fait abstraction du fait que l’Etat tunisien a fait beaucoup de choses inédites sous son égide…
Dans un autre entretien avec le journal koweitien Alqabas, le président de la République continue ses pleurnicheries et plonge dans les méandres du ridicule. Il déclare : "Chaque mois, j’invite les membres de l’opposition à Carthage, ils mangent puis m’insultent". Si l’on n’a pas eu la bassesse de dénoncer vos excès dans les dépenses, vos voyages onéreux, l’augmentation du budget de la présidence, ayez au moins l’élégance d’offrir un diner à vos opposants sans moufter.
Par ailleurs, ce diner est payé par l’argent du contribuable et ne provient pas des deniers du président. Cette énième manœuvre pour dénigrer les autres et tenter de se mettre la casquette du grand sage qui rassemble est d’un niveau indigne des Tunisiens. Le président n’a pas compris, semble-t-il, que ces diners servent uniquement à entretenir un reste d’amitié. En effet, ce n’est certainement pas pour son poids politique ou pour la sagesse de ses conseils qu’on irait le voir.
Après avoir dénigré le dialogue national et tenté d’en organiser un autre en parallèle, le président de la République n’a aucune vergogne à faire des tournées pour s’attirer les lauriers de ce qui a été réalisé par d’autres et pour se faire dire que l’exemple tunisien est une source d’inspiration. Ce n’est certainement pas sa contribution qui aura permis à la Tunisie d’en arriver là où elle est aujourd’hui.
Dans son interview pour Tel Quel, le président conclu en disant : "Les difficultés que j’ai rencontrées en prison ou en exil ne sont rien à côté de ce que je vis à ce poste". Abstraction faite de la « difficulté » de son exil (ce n’était pas aussi dur qu’il veut bien le faire entendre), il faut reconnaitre que le président souffre d’être à ce poste.
A l’adresse du président de la République, j’aimerai dire ceci : Surtout ne vous gênez pas pour poser ce lourd fardeau qui a l’air de tellement vous peser, la Tunisie saura trouver son chemin sans vous. Ne vous inquiétez pas pour ce pays, il résiste encore malgré la calamité que représente votre présidence. S’il y a une chose que vous pouvez faire de bien pour ce pays, quittez sa présidence!










