Beaucoup de Tunisiens, dont le président de la République Moncef Marzouki, ont choisi, en ce dimanche 6 avril, de rendre hommage à Habib Bourguiba, à l’occasion des 14 ans passés depuis son décès. Ce n’est, en revanche, pas le cas de Samir Ben Amor qui a choisi, lui, de dénombrer ce qu’il n’arrive pas à oublier de Bourguiba.
Le député et dirigeant du CPR a adressé ses propos postés sur Facebook à « ceux qui sont devenus des experts en atteinte à la mémoire collective, ceux qui ont consacré leurs plumes au blanchiment de l’oppression, aux enfants de Bourguiba (expression désignant par analogie les enfants de parents inconnus à qui Bourguiba avait offert refuge) et aux orphelins de la coiffeuse (désignant ainsi l’épouse de Ben Ali).
Samir Ben Amor poursuit en listant les événements qu’il n’arrive pas à oublier, lui et d’autres (dont l’identité n’est pas explicite). Il écrit : « Nous n’oublierons pas les milliers de Tunisiens exécutés par Bourguiba sans aucune empathie ni pitié. Nous n’oublierons pas les dizaines de milliers de Tunisiens de diverses appartenances politiques que Bourguiba a jetées dans l’horreur des prisons. Nous n’oublierons pas des leaders comme Salah Ben Youssef ou Lazhar Chraïti et d’autres symboles de la résistance nationale que Bourguiba a trahis. Nous n’oublierons pas les martyrs du 26 janvier 1978 qui ont rendu l’âme sous les balles de Bourguiba. Nous n’oublierons pas les martyrs des événements du pain en janvier 1984. Nous n’oublierons pas que Bourguiba a trafiqué les élections pendant 30 ans. Nous n’oublierons pas qu’il s’est autoproclamé président à vie. Nous n’oublierons pas que Bourguiba a offert à la Tunisie le criminel Ben Ali. Nous n’oublierons pas », répètera-t-il par trois fois.
Samir Ben Amor qui n’oublie pas des faits dont l’exactitude demeure contestée a cependant oublié, sciemment, à coup sûr, les bonnes actions de Bourguiba. Il a oublié aussi que Bourguiba est un des piliers de la République pour laquelle son parti se veut le congrès. Il a oublié également qu’être un élu du peuple est une responsabilité qui se lit à plusieurs niveaux et dont la noblesse ne va aucunement avec la rancœur écrite sur Facebook, le manque de respect pour les aînés et l’insulte à la mémoire des morts.











