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Inscription sur les listes électorales : Témoignage d’un citoyen interloqué

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    Alors que la procédure d’inscription sur les listes électorales a débuté depuis quelques jours, de nombreuses critiques ont été émises à son égard. Zouhair Jamoussi, un de nos lecteurs et universitaire à la retraite, nous a fait parvenir la transcription écrite de l’expérience qu’il en a faite. Voici le texte de sa contribution.
    Je parle ici de ce que j’ai personnellement vécu le jeudi, 3 juillet 2014, au service des inscriptions de la municipalité de Mahdia-Centre. Mon nom ayant disparu des listes de 2011 pour les élections générales, je me suis résigné à me rendre au centre d’inscription sus-indiqué. Au guichet prévu pour cette opération, deux jeunes femmes m’accueillent. Je leur explique ce pour quoi je suis venu. L’une d’elles me demande ma carte d’identité et, sur un bloc-notes ordinaire sans entête, elle inscrit mes coordonnées, alors que tout près d’elle se trouve le carnet officiel des récépissés d’inscription. Qu’importe, pensais-je : le bloc-notes fait sans doute office de brouillon. Au bout de l’opération « brouillon », la jeune femme me dit de revenir dans deux semaines, sans rien me délivrer. « C’est tout ? », fis-je quelque peu dubitatif. « C’est tout, » me répond-elle.
    Le léger doute qui subsistait dans mon esprit finit par m’obséder : quelle preuve avais-je que ma demande d’inscription a été dûment déposée et enregistrée ? Au bout d’une trentaine de minutes, je retourne au même guichet. « Pardonnez-moi, mais qu’est ce qui prouve que ma demande d’inscription a été faite ? » J’ai cru déceler une gêne chez les deux jeunes femmes, d’autant qu’au même moment, la deuxième jeune femme remplissait et délivrait, sous mes yeux, un récépissé dûment tamponné à une autre personne venue, comme moi, s’inscrire. C’est alors que la jeune personne qui s’était occupée de moi me demande mon adresse (!!!). « Mais vous aviez noté toute l’information à partir de ma CIN ! ». Qu’importe ? Je lui présente à nouveau ma carte et, cette fois-ci, elle inscrit enfin mes coordonnées sur le bon carnet et me délivre une copie intercalaire jaune dûment tamponnée. Je ne me crois pas atteint de paranoïa politique, mais je n’attribue nullement ma mésaventure à l’incompétence administrative des deux jeunes femmes.
    Par delà mon cas personnel, l’idée qui me tourmente depuis est que, si de telles irrégularités peuvent se produire dans une ville de la taille de MAHDIA, que dire des très nombreux petits villages de notre pays où l’ignorance plus répandue des procédures régulières peut priver nos concitoyens de leur droit de vote?

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