M. Morjane est sorti de son silence expliquant qu’il a reçu des ordres de la part du Premier ministre Mohmed Ghannouchi et du président de la République Foued Mbazaâ pour faire ces passeports et qu’il dispose d’une preuve écrite de ce qu’il avance.
Mais ne voulant pas qu’on s’attaque aux institutions de l’Etat, notamment la présidence du gouvernement et la présidence de la République, alors que le pays risquait le danger de l’effondrement de ces institutions, il a décidé de porter le chapeau et de supporter les coups pour le bien et l’intérêt de la Tunisie, selon ses dires.
«Peut-être que certains ne comprennent pas ça mais si la Tunisie a été sauvée c’est grâce à ces institutions. La révolution n’aurait pas pu réussir s’il n’y avait pas d’Etat, si la loi de la jungle s’était installée. Le pays a été sauvé grâce à ces institutions, la présidence du gouvernement avec Béji Caïd Essebsi, la présidence de la République avec Foued Mbazaâ et l’administration tunisienne qu’on oublie souvent !», a-t-il expliqué.
«D’ailleurs, il y a un document officiel daté du 24 janvier qui prouve que j’ai réclamé le retrait de ces passeports ainsi que ceux de 48 autres personnes, le 24 janvier après que le ministre de la Justice m’ait envoyé une liste des personnes poursuivies par la justice tunisienne», a-t-il précisé, ajoutant que tous les pays ont été prévenus de ces retraits, le journal officiel de l’Union européenne du 3 février en atteste.
«Le ministre des Affaires étrangères ne fait de passeports diplomatiques que pour les employés de son ministère, le reste c’est le président de la République qui les délivre. C’est la loi d’avant et qui est valable jusqu’à aujourd’hui», a-t-il indiqué.
«Ce qui est arrivé est légal» a-t-il affirmé. Zine Abidine Ben Ali avait avec sa famille des passeports valables jusqu’à décembre 2011. Ceci dit, Kamel Morjane à l’époque ministre des Affaires étrangères, explique avoir reçu une demande de passeport diplomatique et Ben Ali en tant qu’ancien président y avait droit, ainsi que son épouse et ses deux enfants mineurs. Ces passeports ont été délivrés, le 16 janvier, mais en qualité d’ancien président. Car à cette période, aucune plainte ou recours judiciaire n’a été déposé contre Ben Ali.










