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Hassen Zargouni : Une armée de critiques n’arrête pas les sondages

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    L’université Tunis Dauphine a organisé mardi 16 décembre 2014 une conférence-débat sur le thème « Peut-on faire confiance aux sondages politiques ? ». Hassen Zargouni, président de Sigma Conseil et Jean Moscarola, professeur en sciences de l’information et fondateur du groupe Le Sphinx étaient les principaux animateurs de ce débat. « Peut-on connaitre le tout à partir de la partie ? » s’interroge M. Moscarola au début de son intervention. Les avis sont partagés, a-t-il répondu d’emblée, ajoutant que le débat autour de cette question remonte au dix-huitième siècle, époque où la démocratie n’existait pas encore « Il y avait, en effet, Jacques Bernoulli qui considérait qu’on pouvait obtenir des résultats fiables à partir d’un échantillon. Et, d’un autre côté, Thomas Bayes, mathématicien lui aussi, qui soutenait une thèse différente» a-t-il dit. Et de poursuivre « Cette divergence se reproduit à nouveau au vingtième siècle entre Pierre Bourdieu et Georges Gallup ».

    En dépit des controverses, les sondages d’opinion suscitent, de nos jours, un intérêt grandissant aussi bien chez les citoyens ordinaires que chez les politiques, déclare le professeur à l’université de Savoie. Il cite, à ce propos, l’ancien chef d’Etat français, Nicolas Sarkozy « Celui-ci avait commandé, pendant la période de son exercice à l’Elysée, 300 sondages d’opinion » dit-il. Jean Moscarola a fait remarqué, par ailleurs, que les sondages avaient connu bien des succès, mais aussi certains échecs mémorables « La majorité des sondages en 2002 s’accordaient sur le fait que Chirac et Jospin passeraient au deuxième tour alors que c’était faux » a-t-il expliqué. Hassen Zargouni a souligné quant à lui l’importance des moyens financiers pour obtenir des sondages fiables, expliquant que les charges financières d’une enquête sur terrain qui respecte fidèlement les règles scientifiques du sondage sont assez importantes en termes de coût. Le patron de Sigma a affirmé, par ailleurs, qu’au fil de l’expérience son institut a réussi à développer son savoir-faire et affûter ses techniques. Commentant les résultats du sondage sortie des urnes effectué par Sigma lors du scrutin du premier tour de la présidentielle, M. Zargouni a affirmé que les taux obtenus étaient dans l’intervalle de confiance.

    Cependant, poursuit-il, l’écart mesuré entre les deux premiers candidats était plus élevé que l’écart réel « Nous avons obtenu un écart de 10% entre BCE et Marzouki alors que réellement c’était 6% » a-t-il précisé. Et d’analyser que l’erreur venait du fait de ne pas viser l’écart comme variable à estimer « Nous avons surtout cherché à mesurer le pourcentage de voix que chaque candidat pourrait obtenir» a-t-il ajouté. M.Zargouni a fini son intervention par une phrase empruntée à Georges Gallup «Une armée de critiques n’arrête pas les sondages ».

    E.Z.

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