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Terrorisme : Ils ne passeront pas !

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    Plusieurs observateurs et analystes expliquent la grande mobilisation de l’Etat après l’attentat du musée du Bardo par le fait que pour la première fois, le terrorisme s’est infiltré dans les villes et a frappé au cœur de la capitale. La réaction énergique de l’Etat serait donc due à une prise de conscience de la proximité du danger terroriste. Cette analyse, communément admise, est pourtant totalement erronée.

    En effet, le terrorisme a frappé auparavant à deux reprises au cœur de la capitale, le 6 février 2013 à la cité d’El Menzah, en assassinant le leader de la gauche Chokri Belaïd, ensuite le 25 juillet de la même année avec un deuxième assassinat politique, celui du député Mohamed Brahmi à la cité Ghazala. La ville de Sousse, l’un des plus grands centres urbains du pays avait connu, elle aussi, une tentative d’attaque terroriste avortée. Depuis la révolution, le terrorisme n’a jamais été donc, comme certains veulent le faire croire, un phénomène périphérique cantonné dans les zones frontalières et sur les hauteurs de la dorsale tunisienne. La réaction énergique des structures de l’Etat après l’attentat du Bardo serait due donc à d’autres considérations plus inclusives.

    La légitimité politique des structures et des institutions actuelles de l’Etat y est pour quelque chose. Les dernières élections législatives et présidentielle ont investi les locataires de Carthage, de la Kasbah et du Bardo d’un pouvoir et d’une légitimité incontestés, chose dont leurs prédécesseurs ne pouvaient se prévaloir, loin s’en faut. Par leur attitude hégémonique, les gouvernements de la troika ont fini par devenir des usurpateurs d’un pouvoir de plus en plus contesté et ont été contraints de céder face à la pression de leurs opposants. Les membres de l’ANC, eux aussi n’avaient pas une meilleure image. Ils donnaient l’aspect peu reluisant de profiteurs qui cherchaient à étirer leur mandat pour continuer de profiter de leurs indemnités et des avantages de la députation. Quant au président provisoire de la république, il pesait tellement léger face à ses alliés islamistes que la moquerie populaire lui a collé le surnom de tartour.
    Cette légitimité politique a rendu plus facile pour les nouveaux dirigeants du pays de manifester leur détermination à lutter contre le terrorisme. En vérité, il serait même envisageable de croire que leur conviction de lutter contre le fléau terroriste est au départ plus forte que leurs prédécesseurs. Jusque là, les condamnations du terrorisme étaient de circonstance, sonnaient faux et sortaient du bout des lèvres. Elles étaient accompagnées par une batterie de motifs pour atténuer ces condamnations et trouver des circonstances atténuantes aux terroristes, parfois en invoquant des raisons socio-économiques, ou encore en mettant en avance les droits des terroristes au détriment des droits de leurs victimes. Depuis mercredi dernier, toutes les institutions de l’Etat, tous les dirigeants, se sont exprimés clairement et ont condamné sans aucune réserve l’attaque du musée du Bardo. Tous, sans exception, se sont alignés sur la position du président de la République qui a annoncé carrément, et pour la première fois depuis la révolution, la guerre contre le terrorisme.

    Cette détermination, conjuguée à l’attachement des Tunisiens à la modernité et à leur modèle de société, explique l’adhésion populaire à la nouvelle politique antiterroriste annoncée par l’Etat. Le comportement héroïque des fonctionnaires du parlement, des guides touristiques et des chauffeurs des bus est éloquent et mérite d’être relevé. Bien entendu, il y aurait toujours des récalcitrants, ceux qui sont restés otages de leurs égos ou ceux qui continuent de considérer que le terrorisme est surexploité par les opposants de la troika. Mais ils sont de moins en moins nombreux et de plus en plus isolés.

    C’est pourquoi, malgré le fait que les contours de cette nouvelle politique antiterroriste ne soient pas encore bien définis, il est permis d’espérer aujourd’hui que la bataille contre le fléau terroriste va enfin s’engager avec la certitude que son issue unique sera l’éradication du terrorisme et de la violence politique de notre pays.

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