Le chef du gouvernement, Habib Essid a été l’invité de Hamza Balloumi, ce soir du jeudi 21 mai 2015, sur la chaîne d’Al Hiwar Attounsi dans le cadre de l’émission Rencontre spéciale. Une interview portant sur les principales questions faisant le point de l’actualité.
Dans un premier temps, le chef du gouvernement a indiqué que, conformément à la Constitution, du reste bien claire, il est tenu de présenter un récapitulatif de son programme devant l’Assemblée des représentants du peuple et non son programme détaillé. Et d’ajouter que son gouvernement a axé ses efforts sur les dossiers urgents que « le peuple tunisien attend depuis 3 ans », a-t-il précisé.
Revenant sur la prestation de son équipe, M. Essid a estimé que 95% des ministres ont été à la hauteur des attentes, et qu’il est satisfait du rendement des ministères de souveraineté. Par ailleurs, il a écarté toute éventualité de remaniement ministériel, considérant que la période actuelle ne nécessite pas une telle initiative et qu’elle reste, tout de même, de ses prérogatives.
Concernant les derniers sondages d’opinion, et selon les quels 64% des Tunisiens seraient insatisfaits du rendement du gouvernement, Habib Essid a exprimé son respect pour ce point de vue. En revanche, il a indiqué qu’il s’agit d’une période transitionnelle entre les gouvernements, et que l’attente est longue pour le peuple, « il faut beaucoup de patience et une continuité du travail pour qu’il y ait un résultat palpable. Pour ceux qui m’accusent de laxisme, je pense qu’il ne me connaissent pas de près : je suis plutôt très sévère », a-t-il assuré. M. Essid a réitéré qu’il faut une vraie continuité dans le travail gouvernemental, et que les résultats ne pourront pas être visibles avant une année. «Jusqu’à présent, nous sommes parvenus à geler les prix et à faire bouger certains projets bloqués malgré les différents obstacles d’ordre financier, administratif et humain », a-t-il déclaré.
Dans un autre volet, le chef du gouvernement a affirmé que le pays passe par une crise économique aigüe mais qui n’est pas sans précédent, précisant dans ce contexte que le chômage n’a pas augmenté mais que le taux d’endettement s’est élevé. Interrogé sur sa relation avec la coalition au pouvoir, M. Essid a assuré qu’il est en bons termes avec la coalition, « je suis indépendant et je n’ai pas de problèmes avec les différences existantes au sein de cette même coalition, puisque j’ai essayé de faire les recoupements entre les différents programmes de ces partis et travailler sur cette base », a-t-il dit en substance.
D’autre part, il a affirmé que depuis 2010, le pays est dirigé sans vision claire, assurant que son gouvernement présentera un plan stratégique pour 2016-2020. Ce plan sera composé de programmes et de réformes de fondamentales. Les programmes sont composés de projets de développement régional et de projets structurels. Les réformes, quant à elles, concernent, entre autres, le système bancaire, le système fiscal et le secteur de l’enseignement. Sur le plan social, Habib Essid a affirmé que la garantie de la paix sociale fait partie de ses engagements. Et d’ajouter qu’il est existe une véritable coopération avec la centrale syndicale, mais les négociations restent toujours difficiles. « Toutefois, il ne faut pas abuser des grèves, il faut faire des sacrifices afin d’assurer la croissance espérée. La situation économique du pays ne peut pas supporter toute cette pression sociale, mais je reste optimiste », a- t- il indiqué.
Revenant sur les relations de la Tunisie avec les pays voisins, le chef du gouvernement a mis en valeur les relations avec l’Algérie mettant en exergue la coopération avec ce pays frère notamment sur le plan sécuritaire et économique. Quant aux relations avec la Lybie, il n’a pas nié que la situation en Libye soit tendue, justifiant que ceci est dû à l’absence d’un gouvernement unifié, avant d’ajouter que le président de la République a essayé de rapprocher les deux gouvernements en place. Interrogé sur sa relation avec le président de la République, il précisé que la Constitution est claire et qu’il est habitué à la clarté et à la franchise dans ses rapports avec lui. « Le jour où je perdrais la confiance de BCE, je quitterai le pouvoir », a-t-il souligné en substance avant de conclure, que « le plus dur a été fait, mais il faut travaille encore plus tout en étant optimiste quant à l’avenir afin de démontrer au monde entier que la Tunisie est un exemple à suivre… ».










