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Le Far West tunisien, pays de l’impunité !

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    La force de la loi est l’un des principaux fondements de toute construction démocratique. La force de la loi repose sur deux principales bases, la garantie qu’elle soit respectée en la dotant d’un bras armé et la garantie qu’elle soit appliquée à tout le monde. En Tunisie, on a encore beaucoup de chemin à faire.

     

    Dans notre beau pays révolutionnaire, la loi n’est pas respectée et celui qui tente d’obtenir justice pour quoi que ce soit s’engage dans un vrai chemin de croix. Ce ne sont pas les exemples qui manquent en Tunisie.

     

    Prenons l’exemple de la torture. Malgré les grands discours et les vibrantes déclarations d’intention, la torture n’a jamais cessé en Tunisie. Elle n’a jamais arrêté d’être pratiquée sous deux gouvernements islamistes, celui des technocrates et celui élu, de Habib Essid. Un jeune à Sidi Bouzid a été arrêté par la police. En sortant du poste il est allé porter plainte pour des faits supposés de torture. Quelques jours plus tard, il se fait encore arrêter par la police et décide mystérieusement de se suicider en prison. Où en est cette affaire aujourd’hui ? Qu’en est-il des dizaines de cas de torture répertoriés depuis la révolution jusqu’à nos jours ? Nul ne le sait. On ne sait même pas dans quelle proportion des enquêtes ont été ouvertes.

     

    Heureusement que la justice transitionnelle est là ! Que l’on puisse au moins se réconcilier avec notre passé. Il y a une instance désignée pour rendre justice aux gens. Cette instance, présidée par Sihem Ben Sedrine, va s’occuper d’ouvrir tous les dossiers. Dès, qu’ils auront fini d’acheter les voitures, de préparer leurs locaux, fini le recrutement, remplacé les membres démissionnaires et obtenu les 19 millions de dinars de rallonge de budget.

    C’est vrai qu’elle est toujours en conflit avec ses anciens employés et journalistes de Radio Kalima. C’est vrai que la HAICA a donné une licence d’exploitation à un média qui était en faillite. Mais il ne faut pas poser trop de questions. En Tunisie, ça se passe comme ça et celui qui trouve quelque chose à redire, aille boire l’eau de mer comme dirait Adnène Mansar !

     

    Un autre exemple d’impunité, celui des viols d’enfants. Ces derniers jours, plusieurs témoignages et faits divers ont montré l’ampleur d’un phénomène relativement inconnu de l’opinion publique. Des enfants ont été victimes de sévices sexuels qui leur ont été infligés par leurs enseignants. D’aucuns diront que ce sont des choses qui arrivent, malheureusement, dans tous les pays du monde et qu’il y a des pervers partout. C’est vrai. Par contre, la particularité tunisienne réside dans le fait que c’est l’enfant et sa famille qui sont harcelés pour avoir rendu publique la nouvelle du viol.

    Entre temps, les présumés violeurs restent en liberté et sont rarement inquiétés. Celui, qui a violé le jeune garçon de 10 ans, dans une école de Bouselsla, vient d\’être arrêté aujourd\’hui. Mais qu\’en est-il pour les autres? Qu\’en est-il pour les quatre fillettes sexuellement agressées à Bizerte? Non seulement leur administration ne prend pas de mesures à leur encontre mais même le ministère public semble avoir plus important à faire. L’administration se contente de transférer l’enseignant incriminé histoire qu’il puisse faire d’autres victimes dans d’autres écoles. Certains responsables vont même jusqu’à tenter de dissuader la famille de la victime de porter plainte en lui disant qu’il serait difficile pour eux de vivre avec la réputation d’avoir un enfant violé dans la famille.

     

    On pourrait écrire des livres sur l’impunité en Tunisie. On pourrait parler du flou qui entoure encore les meurtres de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi trois ans après les faits. On pourrait parler de l’évasion fiscale devenue un sport national. On pourrait évoquer les barons de la contrebande qui ont mis le sud de la Tunisie sous leur coupe et qui y font la loi. On pourrait évoquer les vols quotidiens, les insultes, les atteintes à l’environnement.

    Le résultat de tout ça ? Quand un voleur sait qu’il ne sera pas pris, il continue à voler de plus en plus. Quand un tortionnaire sait que personne ne lui demandera de comptes, il ne s’arrêtera pas. Quand un violeur d’enfants sait que son administration est de son côté de peur du scandale, il ne cessera pas de violer. L’impunité ne peut qu’étendre et enraciner les pratiques les plus odieuses. Alors quand est ce qu’un terme définitif sera mis à cette impunité ? On ne le sait pas mais ça ne semble pas pressé…

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