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Politique, hypocrisie et inconséquence

L’ancien président provisoire Moncef  Marzouki, ému visiblement par le drame syrien, a écrit récemment qu’ « il n’est pas possible pour les Tunisiens  et les arabes de continuer de regarder le drame de nos frères syriens sans réagir ». Plus grotesque et plus hypocrite que cela tu meurs.

 

Ayant été désigné président provisoire sans réels pouvoirs hormis quelques prérogatives sur le plan diplomatique et sécuritaire, Moncef Marzouki avait estomaqué les observateurs par sa décision de geler les relations diplomatiques de notre pays avec la Syrie. La rencontre des amis de la Syrie organisée à Tunis sur son invitation avait ouvert la porte de l’enfer pour une population syrienne qui avait déjà toutes les peines à supporter un régime oligarchique et dictatorial. Inscrit dans un agenda occidental contre le régime syrien, Moncef Marzouki est  coresponsable du drame syrien sur lequel il s’apitoie sans vergogne aujourd’hui. Pour les amnésiques et les âmes fragiles, émus par la dureté des images qui nous parviennent du génocide syrien, le discours de l’ancien président provisoire est louable s’il n’était pas lui-même responsable en partie de ce génocide. La défense des droits humains et l’ingérence humanitaire poussée à son paroxysme peuvent conduire à des dérapages insoutenables. Mais Marzouki, obnubilé par ses prérogatives présidentielles limitées, n’a rien vu venir, lui le vieux routier des sentiers des droits de l’Homme et l’habitué des couloirs  et des antichambres des organisations humanitaires internationales. Pire, dans sa précipitation de plaire à ses amis, syriens occidentalisés et arabes vassalisés,  il a oublié ses propres concitoyens, abandonnant des centaines de Tunisiens en Syrie, les laissant comme otages aux mains des belligérants sanguinaires.

 

Pour tout cela et plus, il était attendu que Marzouki essaie de se faire oublier concernant la crise syrienne. Au contraire, il a choisi de s’exposer gravement marquant ainsi un trait de caractère qu’on lui connait déjà : l’inconséquence.

 

Il n’est malheureusement pas le seul. D’autres, très nombreux dans notre paysage, s’apparentent plus à des girouettes qu’à des hommes politiques. Récemment, Ali Laârayedh, ancien ministre de l’Intérieur et ancien chef de gouvernement de la troika, actuellement secrétaire général du parti Ennahdha, s’est offusqué de la réaction violente de la police et l’usage du gaz lacrymogène contre les manifestants contre le projet de loi sur la réconciliation nationale. Ces critiques, justifiées au passage, auraient été très acceptables d’un autre homme politique qu’Ali Laârayedh. Ce  dernier, avait en effet lâché ses agents et ses milices contre les civils descendus dans l’avenue le 9 avril 2012 juste pour célébrer la fête des martyrs. Les blessés se comptaient par dizaines et Laârayedh, alors ministre de l’Intérieur, s’est refusé de leur présenter la moindre excuse. La commission d’enquête parlementaire sur ces incidents n’a jamais présenté son rapport. Son président, Zied Laâdhari, a été promu ministre de l’Emploi dans le gouvernement actuel. D’ailleurs, dans les annales tunisiennes, la seule commission d’enquête qui a publié son rapport est la commission parlementaire chargée d’enquêter sur la récente arrestation et la torture présumée sur les sept terroristes. Sur ce plan, ce rapport constitue une première historique malgré sa légèreté.

 

Ali Laârayedh est aussi le ministre qui a donné l’ordre, à Siliana, de canarder les manifestants civils à la chevrotine, qui est venu par la suite défendre ses prouesses face aux députés de la constituante avant de refuser toute idée de commission d’enquête. C’est encore lui qui a donné l’ordre aux centaines de policiers encerclant  la mosquée El Fath d’ouvrir un passage pour une retraite sécurisée à Abou Iyadh.

 

Cette semaine, Ali Laârayedh a été entendu par le juge d’instruction dans l’affaire de l’assassinat de Chokri Belaïd. La logique dit qu’il sera aussi entendu dans l’affaire de l’assassinat de Mohamed Brahmi. En attendant d’apporter un peu de lumière sur son rôle dans ces deux affaires, Ali Laârayedh se prononce pour le retour des terroristes tunisiens en Syrie. Pour lui, il s’agit de défendre un droit constitutionnel semble- t-il. Trêve d’hypocrisie !    

       

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