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On ne pourra pas dire : on ne savait pas !

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    Par Hédi Ben Abbes*

    Jamais la Tunisie n’a été dans un tel gouffre. Jamais l’Etat n’a atteint un tel niveau de délabrement. Jamais les mafias et l’incompétence n’ont eu une telle prépondérance sur les rouages de l’Etat et l’ensemble de ses institutions. Jamais nous n’avions connu un tel immobilisme et une telle apathie des pouvoirs publics. Jamais nos vies n’ont été mises en danger de cette manière. Jamais nous n’avions connu une telle inadéquation entre la gravité de la situation et l’obsolescence des « solutions » proposées.

     

    Face à cela, jamais nous n’avions vu une telle indifférence au sort du pays. Un tel immobilisme de la part des forces vives de ce pays. Et pourtant, on sait où va le pays, on connaît les catastrophes à venir, la seule inconnue c’est quand et de quelle ampleur.

     

    On ne pourra pas dire que nous ne savions pas, on ne pourra pas se cacher derrière son clavier pour se lamenter et ne rien faire. Il est vraiment grand temps de nous mobiliser et de faire pression, dans le respect de la démocratie et de son verdict, sur ceux qui sont aux responsabilités. Il faut leur dire qu’il n’y a aucun mal à se tromper, mais il est inadmissible de persister. Qu’il n’y a pas de honte à admettre que la formule proposée n’est pas efficace. Que l’intérêt du pays exige des solutions courageuses et à la hauteur du défi.

     

    Plus concrètement, monsieur le Président, avec tout le respect dû à votre fonction, il est grand temps que vous assumiez vos responsabilités et pensiez au pays et à son avenir. C’est de l’avenir de plusieurs générations dont il est question. Vous ne pouvez pas rester spectateur d’un drame national qui se déroule devant vos yeux. Je n’ose pas croire que vous soyez dépassé par les évènements et que la situation vous échappe car je reste républicain et respectueux des institutions. Je n’ose pas croire que les calculs partisans et les considérations mesquines aient une ascendance sur vos décisions. Alors, du respect pour cette nation et ce peuple qui s’est déjà montré très patient. Prière de faire ce que le peuple vous a chargé de faire, à savoir lui donner les moyens d’accomplir son émancipation et son développement.

     

    A tous les intellectuels et à toutes les forces vives de ce pays, nous ne pouvonspas rester les bras croisés en attendant que Sidi Mehrez fasse le travail pour nous. Seule une action pacifique et républicaine pourra sortir le pouvoir en place de sa torpeur et de son immobilisme. La Tunisie ne mérite pas un tel sort. Il faut leur dire que la bonne volonté ne suffit pas quand il faut de la méthode, de la rigueur et de l’anticipation. On ne leur demande pas de quitter le pouvoir mais de l’assumer pleinement et courageusement et que la compétence et le patriotisme priment.

     

    Pour que vive la Tunisie, il faut que se réveillent les consciences.

     

    *Universitaire et dirigeant d’entreprise

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