Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Khalil Ghariani : Avant de parler d’augmentations, il faut réviser les coûts de l’habitat, du transport et de la santé

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

    Le membre du bureau exécutif de l’UTICA, Khalil Ghariani a accordé, ce jeudi 3 décembre 2015, une interview à l’émission Expresso de Wassim Ben Larbi sur Express Fm, au cours de laquelle il est revenu sur la hausse des salaires dans le secteur privé.

    M. Ghariani a expliqué dans son intervention que la baisse du pouvoir d’achat a justifié et «donné la légitimité à la hausse des salaires», étant donné que cette année 2015 a été marquée par une récession. Ainsi, et même si la situation est difficile pour les sociétés tunisiennes, elles ont cependant une responsabilité, celle de la paix sociale, affirme-t-il.

    Mais entre une augmentation salariale normale de 5% et une augmentation demandée de 15%, il y a un énorme gouffre, fait savoir M. Ghariani, notant que même au cours des années prospères de la Tunisie où le pays réalisait une croissance de 5%, les augmentations salariales n’ont jamais dépassé les 5%, d’où l’aberration à son sens dans ces temps de crise.

    Pour lui, ce qu’on veut à travers cette hausse c’est réparer les dégâts sur le pouvoir d’achat causés il y a 30 ans. Or, ce qui est en cours de négociation actuelle entre l’UTICA et l’UGTT sont les hausses des salaires au titre de 2015 uniquement, a-t-il encore précisé.

    Khalil Ghariani estime que pour augmenter le pouvoir d’achat, il faut revoir les politiques de l’Etat en ce qui concerne l’habitat, le transport, la santé et l’éducation. En effet, contrairement à ce que croit la majorité, le pouvoir d’achat n’a pas une grande relation avec les salaires, qui sont juste une rémunération d’un travail déterminé bien qu’ils fournissent un bien être, affirme-t-il. Il explique, dans ce contexte, que les éléments du pouvoir d’achat dépendent à 60% des politiques publiques en Tunisie : 20% pour l’habitat et l’énergie ; 12% du pouvoir d’achat est alloué au transport alors que les personnes sont obligées de prendre de 2 ou 3 moyens pour arriver à destination ; 6% à la santé outre les cotisations sociales payées par l’employé et son employeur ; 2% à l’éduction en plus des 4% pour les cours particuliers ; sans parler des circuits de distribution et la cherté des fruits et légumes, qui ne sont plus à la portée du simple citoyen.

    M. Ghariani conclut que quelle que soit la hausse des salaires, elle ne répondra pas à la détresse du salarié tunisien qui, dès qu’il touche son augmentation, elle est systématiquement happée par l’inflation et les diverses autres augmentations. Ce qu’il faut avant de parler d’augmentation de salaires, c’est une révision des coûts d’habitat et de transport et une réforme de la santé et de l’éducation, estime-t-il.

    I.N

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *