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Ces Tunisiens enlevés à l’étranger

 

Plusieurs citoyens tunisiens se font enlever par des parties inconnues alors qu’ils exercent des activités à l’étranger. Hormis le cas, très médiatisé des deux journalistes Sofiène Chourabi et Nadhir Guetari, d’autres citoyens se retrouvent souvent à la merci de groupes, parfois terroristes, dans des pays connus pour la précarité de leurs situations politiques et sécuritaires. Le dernier en date est celui de la fonctionnaire du CICR, Nourhane Houas, détenue en otage au Yémen depuis mardi.

 

 

Nourhane Houas a été enlevée mardi, 1er décembre 2015, au Yémen. La jeune femme y travaillait comme membre du CICR (Comité International de la Croix Rouge). Selon l’organisation suisse,  «un groupe armé a enlevé deux de ses fonctionnaires au Yémen alors qu’ils se rendaient à leur travail à Sanaa», lit-on dans un communiqué. Si le premier a été libéré, la fonctionnaire tunisienne demeure toujours entre les mains de ses ravisseurs et aucune partie n’a, jusqu’à présent, revendiqué son enlèvement. On ignore donc, pour l’instant, les parties qui se cachent derrière ce kidnapping.

Taïeb Baccouche, ministre tunisien des Affaires étrangères, a précisé que Nourhane Houas a été kidnappée devant le siège du CICR à Sanaa et qu’aucune information n’est, à l’heure actuelle, disponible quant à l’identité de ses ravisseurs ni leurs motivations.

Le directeur de l’Information au ministère des Affaires étrangères, Naoufel Laâbidi, a indiqué à la TAP, que des contacts intensifs avec la mission tunisienne permanente auprès de l’Organisation des Nations Unies et avec le CICR ont été entamés, le lendemain du kidnapping, et ce en l’absence d’une représentation diplomatique tunisienne au Yémen. Le but étant de suivre de près les développements liés à cette affaire, déterminer les circonstances et le mobile de cet acte et connaître les revendications des auteurs de l’enlèvement. Pour sa part, la porte-parole du CICR au Yémen a indiqué dans une déclaration à la TAP mercredi matin, que le CICR «a tout mis en œuvre pour libérer la fonctionnaire tunisienne enlevée» expliquant que, généralement, dans ce genre de cas, on dispose de deux à trois jours pour contacter les ravisseurs. A défaut, si cela prend plus de quatre ou cinq jours, une nouvelle dynamique doit être instaurée. 

 

Il est à noter que le Yémen est actuellement en proie à un conflit meurtrier depuis plusieurs mois et la situation y est « extrêmement fragile », souligne le directeur du CICR à l’agence de presse AFP. Dans d’autres zones de conflit, la vie de nombreux étrangers est souvent menacée et des kidnappings surviennent, parfois, prenant en cible des travailleurs tunisiens. Les Tunisiens, nombreux à travailler dans la Libye voisine, pourtant en guerre, sont victimes de menaces et se font, dans certains cas, capturer par des groupes armés.

Hier, Mustapha Abdelkebir, expert en affaires tuniso-libyennes, a affirmé que 11 Tunisiens se trouvent actuellement entre les mains de ravisseurs libyens. Il s’agit d’un acte de représailles suite à l’arrestation par les autorités tunisiennes, il y a quelques jours en Tunisie, d’un ressortissant libyen en possession d’une quantité de drogue. Mais il ne s’agit pas du premier kidnapping de Tunisiens dans la région, en octobre, près de 300 citoyens tunisiens ont été pris en otage dans la ville de Sebrata en Libye, connue pour être le fief des groupes terroristes Ansar Charia et Daech, par des groupes armés libyens. Les ravisseurs ont souhaité exercer une pression sur le gouvernement tunisien pour libérer Hassan Dhaoued, un responsable libyen détenu en Tunisie.

En mai dernier, 172 Tunisiens ont été kidnappés en Libye dans la zone appelée Salaheddine près de Tripoli par la brigade terroriste de « Katibet Fajr Libya ». Sans rappeler le cas, tristement célèbre, des dix diplomates tunisiens enlevés en Libye en juin dernier, au sein même du consulat général de la Tunisie à Tripoli, ou encore de celui des deux diplomates enlevés courant 2014, Laâroussi Gantassi et Mohamed Ben Cheikh, qui ont suscité un réel remous médiatique et une grande mobilisation locale.

 

Si les otages ont finalement été libérés aujourd’hui, un autre kidnapping, non moins médiatisé mais qui risque fort bien de se voir reléguer aux oubliettes, ne cesse d’inquiéter. Celui des deux journalistes Sofiène Chourabi et Nadhir Guetari, kidnappés depuis septembre 2014 et dont le sort reste inconnu à ce jour.

Dans leur affaire, la Tunisie se dit prête à saisir la justice internationale « si les efforts politiques et judiciaires déjà engagés n’aboutissaient pas à des solutions concrètes ». Revenant sur les différentes rumeurs quant à leur assassinat par des groupes terroristes libyens, le ministre tunisien des Affaires étrangères a indiqué qu’il n’a pas confiance en cette version estimant que la lumière n’a pas encore été faite sur le sort des deux hommes. Par ailleurs, Taïeb Baccouche affirme que les deux journalistes tunisiens sont toujours en vie ajoutant que s’il « ne veut pas rentrer dans les détails pour des raisons sécuritaires », le ministère est en train de déployer les efforts nécessaires pour les rapatrier.

 

Aussi bien Sofiène Chourabi, Nadhir Guetari que les autres citoyens tunisiens, encourent des risques considérables en se trouvant dans des zones de conflit. Ils se retrouvent, en effet, à la merci de groupes armés, parfois terroristes ou simplement crapuleux, les utilisant comme monnaie d’échange pour faire chanter les autorités tunisiennes et obtenir la libération des leurs. Les officiels tunisiens se disent souvent disposés à « fournir tous les efforts nécessaires » pour sortir les ressortissants tunisiens des mains de leurs ravisseurs. Mesures qui ne s’avèrent pas toujours efficaces, étant appliquées à des zones à risques dans lesquelles aucune loi ne règne et où il est très difficile de négocier…

 

Synda TAJINE

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