Lors des « Rencontres de Tunis », jeudi 14 avril 2016, Sigma conseil a présenté les résultats de son enquête, menée auprès d’un échantillon représentatif de 859 Tunisiens, pour évaluer la « valeur travail » et l’entreprenariat.
S’intéressant à l’avis des Tunisiens sur le travail, une comparaison de la place qu’occupe le travail dans la vie de l’individu actuellement et avant la révolution a été faite. Le questionnaire a révélé que pour 44% des Tunisiens, le travail a pris moins de place. 23 % estiment que le travail a gardé la même place et pour 33 % pensent que le travail occupe une place plus importante depuis la révolution.
Sur les conditions de travail, la productivité et la qualité du travail, 77% des Tunisiens exerçant dans le secteur public observent une dégradation de ces trois données, contre 58% dans le secteur privé.
Concernant le travail informel, les retours sont majoritairement négatifs. 73% de la population pense qu\’il contribue à la corruption et 69 % estime qu’il cause la détérioration de l’économie tunisienne. Par ailleurs, seulement 37% de la population pense que a réduit le chômage et 38% des Tunisiens questionnés affirment que le travail informel est une importante source de revenus.
Une question était réservée au rallongement de l’âge de la retraite et le pourcentage le plus frappant était celui des jeunes de moins de trente ans qui refusaient à 9O% cette décision.
La notion de travail supplémentaire, bien que novice, a gagné 57% des voix dont 60% des travailleurs dans le secteur public.
L’esprit entrepreneurial a fait le plus de réserves puisque ¾ de la population trouve qu’il est difficile d’investir en Tunisie. Cependant 70% de cette catégorie se prétend capable de se lancer individuellement. Selon eux, les principaux freins à l’investissement demeurent l’incapacité financière et les contraintes administratives.
Etaient présent à l’évènement, Zyed Krichen, journaliste et directeur de la rédaction du journal « le Magreb », Khaoula Boussama, Présidente du programme ENTACTUS, ainsi que Nafaa Ennaifer membre du Bureau exécutif de l\’UTICA.
M. Krichen a inauguré le débat en traçant l’historique de l’acquisition de la valeur du travail tout en mettant l’accent sur la différence culturelle de cette notion.
M. Ennaifer s’est basé sur ses propres expériences pour essayer de résoudre les problèmes de l’entreprenariat. Il a conclu son discours par une remarque qui porte à réflexion, celle de demander pourquoi certaines régions de l’intérieur disposent de plus d’avantages en matière d’investissement, alors qu’elles en fournissent les moindres taux.
Mme Boussama s’était plutôt penchée sur la jeunesse, sur l’importance d’instaurer le concept de méritocratie, afin de changer la mentalité de travailler pour de l’argent et d’inculquer la reconnaissance de la valeur par les diplômes, l\’expérience, les qualités, les vertus…
On rappellera qu\’à l’issue de la première journée du dialogue national sur l’emploi, le ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi, Zied Laâdhari, a déclaré, mercredi 30 mars 2016, que « le dialogue national sur l’emploi ne peut résoudre le problème du chômage et ne peut remplacer les mesures nécessaires ».










