Le professeur de droit constitutionnel, KaïsSaïed, est intervenu ce mercredi 9 juin 2016, sur les ondes d’Express FM pour expliquer la portée de l’initiative présidentielle de former un nouveau gouvernement d’union nationale.
« On dirait qu’on est à la veille de la naissance d’un nouveau système politique différent de celui dicté par la nouvelle constitution. Le président du gouvernement n’est un secrétaire d’Etat, il dépend de l’ARP et doit rendre des comptes aux représentants du peuple et non pas au président de la République. Ce qui se passe en Tunisie aujourd’hui ne s’est jamais vu dans d’autre nations » a dit M. Saïed qui a expliqué ensuite que c’est des représentants de la coalition au pouvoir qui ont abandonné Habib Essid alors que c’est cette même majorité qui l’a placé à la présidence du gouvernement.
« Le problème n’est pas l’initiative du président de la République mais ce qu’il en résultera, et est-ce que, finalement, ce gouvernement d’union nationale fonctionnera différemment des gouvernements qui ont failli et qui l’on précédé ? Ou encore, est-ce que cette initiative a-t-elle été proposée pour régler des comptes à l’intérieur de la coalition au pouvoir ? » a questionné l’expert en droit constitutionnel.
Kaïs Saïed a conclu citant ce que dit la nouvelle constitution dans ce contexte :
« L’article 98 de la constitution dit que si le chef du gouvernement présente sa démission au chef de l’Etat, ou démissionne à la suite d’un vote de confiance, c’est tout le gouvernement qui doit être reformé, aussi l’article dit dans ce cas que c’est le président de la République qui doit nommer un nouveau chef de gouvernement ».
Et donc le groupe parlementaire qui a le plus de poids à l’ARP ne peut nommer le chef du gouvernement.
S.A










