Dans une déclaration à Shems FM le 9 juin 2016, la présidente de l\’Association des magistrats tunisiens (AMT), Raoudha Karafi, a souligné que le refus d’appliquer les décisions du tribunal administratif est devenu un phénomène inquiétant et répétitif, la dernière en date étant celle autorisant le congrès annuel de Hizb Ettahrir. Elle a souligné que dans un pays de droit, ce sont les instances judiciaires du pays qui jugent s’il y a une menace sur l’ordre public.
Concernant la réforme qui donne le droit à toute personne arrêtée à un avocat immédiatement après son arrestation, Mme Karafi a indiqué que l\’association soutient cette réforme, mais estime qu’il faut d’abord préparer les infrastructures adéquates.
Autre point, Raoudha Karafi a estimé que l’intervention du pouvoir exécutif dans l’ordre judicaire est flagrante, rappelant que c’est le pouvoir exécutif, via le ministère de la Justice, qui gère les tribunaux alors qu’ils devraient être sous la tutelle du conseil supérieur de la magistrature : sinon cela ouvre la porte à l’interventionnisme.
Comme exemple, Mme Karafi a cité celui des journalistes d’Al Wataniya qui ont été poursuivis dans le cadre de la loi antiterroriste, suite à la diffusion d’images du berger martyr Mabrouk Soltani. Elle a précisé que cette traduction s’est faite sous la demande et les ordres écrits du ministre de la Justice par intérim de l’époque, Farhat Horchani, alors que le procureur lui a bien spécifié qu’il ne partageait pas son opinion, que la liberté de la presse est garantie par la Constitution et qu’elle est régie par un décret spécifique.
Pour elle, la décision du procureur de la République a été historique, en refusant de suivre l’ordre du ministre et de lui demander de recourir à l’article 23 et à user de ses prérogatives.
I.N










