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Seul le FP pense que l’avenir du pays ne se règle pas en une semaine !

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    Encore une fois, ces « irresponsables » du Front populaire jouent aux empêcheurs de tourner en rond ! Ils ont annoncé aujourd’hui, 22 juin, qu’ils ne participeraient pas aux discussions à la présidence concernant un gouvernement d’union nationale.

     

    Comme ils ont fait après les élections, le Front populaire refuse de prendre part au pouvoir. Ils refusent de faire partie du même gouvernement que les partis de la coalition. Les partisans et les sympathisants de Nidaa et des autres ont ici une occasion rêvée pour taper sur leur meilleur ennemi, les gauchistes. On va ressortir les couverts pour évoquer les positions irresponsables de Hamma Hammami, le fait qu’il n’aurait jamais travaillé, le fait que les gauchistes ne savent dire que « non » et tous les lieux communs si chers aux partisans des deux têtes du pays, Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi. 

     

    Et pourtant, le Front populaire a fait preuve d’une attitude constructive puisqu’il a écouté ce que le président avait à proposer pour ensuite se retirer et se faire un avis sur la base des documents fournis par la présidence de la République. Le Front ne s’y est pas trompé et a conclu que l’initiative présidentielle n’était qu’un « réaménagement de la coalition au pouvoir » selon les termes du communiqué du parti de gauche.

     

    Il n’y a aucune feuille de route, pas de programme, pas de changement en profondeur de gouvernance. En somme, on va juste rebattre les cartes et repartir pour un autre tour. Le casting changera peut-être mais les composantes resteront les mêmes. Quand on sait que les mêmes causes mènent aux mêmes conséquences, on ne peut qu’avouer que le Front populaire a…raison.

     

    Pour rajouter encore à l’hypocrisie ambiante, le Front populaire avait été raillé par ses adversaires quand, non seulement il ne s’est pas précipité sur le pouvoir, mais en plus avait prédit l’échec du gouvernement. Les Frontistes avaient été traités par tous les noms et on avait même mis en doute leur patriotisme. Le président lui-même s’était joint à la fanfare pour critiquer les gauchistes. Seulement voilà, les faits sont têtus. Après un an et demi de gouvernance et un premier remaniement, c’est Béji Caïd Essebsi qui fait le constat d’échec et demande la constitution d’un gouvernement d’union nationale.

     

    Mais comme le Front populaire voit toujours les problèmes, il met déjà en garde contre le fait que le prochain gouvernement va avoir le même sort que celui qui le précède. Pourquoi ? Parce que les choix que va faire le prochain gouvernement vont dans la lignée directe de tous ceux qui l’ont précédé. Ces mêmes gouvernements qui ont plongé le pays dans la crise actuelle. Les choix économiques, sociaux, financiers, sécuritaires resteront sensiblement les mêmes. Et donc, encore une fois, les mêmes causes engendrent les mêmes effets.

     

    En plus, le Front populaire fait une révélation dans son communiqué. Les consultations pour constituer un gouvernement d’union nationale d’après la présidence de la République doivent durer une semaine ! Du 22 au 29 juin courant. Que faut-il penser d’un délai si court pour, en théorie, reformer un gouvernement, déterminer des priorités et des méthodes de travail, s’accorder sur son chef etc ? Et bien le Front populaire a un avis tranché : un délai si court veut dire que le dialogue est fait pour la forme et que ses résultats sont déjà arrangés. Quoi qu’on puisse penser du délai, on peut au moins s’accorder sur le fait qu’une semaine est loin d’être suffisante pour faire le tour des problèmes du pays et désigner ses nouveaux gouvernants. A titre de rappel, le dialogue national qui s’est conclu par la mise en place du gouvernement Mehdi Jomâa a duré près de 4 mois !

     

    Albert Einstein disait : « Les problèmes importants que nous affrontons aujourd’hui ne peuvent être résolus au niveau de conscience qui les a créés ». On ne peut espérer réussir avec ceux qui ont provoqué l’échec. Un gouvernement d’union nationale est juste un mauvais remake d’un gouvernement qui n’a jamais été efficace. Le « prestige de l’Etat » aura encore de beaux jours devant lui.  

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