Suite à la révélation du scandale des stents périmés, Faycel Derbel chirurgien et spécialiste en cardiologie s’est exprimé sur les ondes de RadioMED ce vendredi 1 juillet pour faire valoir son droit de réponse et reconnaitre qu’il a implanté des stents périmés sur 16 personnes. Durant son passage il insiste sur le fait que les stents en question ont dépassé le délai au sein des pharmacies des cliniques et que les patients porteurs de ces stents n’encourent aucun danger de mort.
Sur la technicité des stents, rappelons que le stent est un dispositif métallique, maillé et tubulaire, glissé dans le cœur des patients pour désobstruer les artères bouchées. C’est un support artériel aussi appelé « ressort ».
Le chirurgien indique qu’il adresse son droit de réponse à l’opinion publique par le biais des médias pour que lumière soit faite sur la responsabilité collective des personnes chargées de tracer le circuit des stents périmés : De l’approvisionnement des cliniques en stents auprès des pharmacies jusqu’à leur mise à disposition auprès des cliniques.
Il avoue : « on ne peut nier que le problème est réel mais je ne suis pas le seul concerné par cette affaire». A la question : Combien de stents périmés avez-vous fixés ? Le docteur répond : « j’ai implanté des stents sur 25 000 à 30 000 personnes, 16 d’entre eux ont des stents périmés ».
Faycel Derbel explique que le problème est un problème de système et qu’il y a 6 cliniques et 20 docteurs concernés par l’affaire. Selon le medecin est le dernier maillon de la chaîne et il n’est pas en charge du contrôle de la validité ou de la péremption des stents avant les opérations des patients. « Le medecin est le dernier maillon de la chaîne, ce sont les cliniques qui achètent les stents qui arrivent par la douane et qui sont récupérés ensuite par les pharmaciens. Aucun logiciel détectant les code à barres des stents n’existe dans les cliniques pour vérifier la péremption ou la validité de ces supports artériels». Il ajoute qu’un groupement de 3 personnes gère la pharmacie de la clinique, dans lequel il exerçait, et que ces personnes travaillent dans des conditions très difficiles, exposées au stress intense et à des médecins difficilement gérables.
Le medecin met en avant son professionnalisme et indique qu’il a été formé à Toulouse en 1986 et qu’il a formé l’équipe cardiologie de l’hôpital militaire ainsi qu’un grand nombre d’autres médecins. Il ajoute qu’après révélation de l’affaire, la clinique dans laquelle il opère l’a mis à la porte « tel un ouvrier non spécialisé …».
Sur l’auteur des révélations, Samir Bouraoui, Faycel Derbel déclare : « ce monsieur à un différend personnel avec le ministre de la Santé, Saïd Aïdi, ses accusations via le réseau social Facebook ne sont pas des vérités absolues. Il y a de fausses accusations à mon encontre, il cherche à me diaboliser , et d’ajouter : « je ne porte pas sur moi une valise pleine de stents périmés tel un marchand de Sidi Abdessalem…».
Enfin à la question de l’animateur : Avez-vous une responsabilité par rapport à cette affaire et avez-vous rempli votre obligation de moyen? Le medecin explique que la seule responsabilité qu’il assume est celle de l’abus de confiance dont il a fait l’objet de la part de la clinique et qu’à l’avenir il fera le contrôle.
K.H










