Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

La dictature ou la vie !

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

    Rien qu’avec un statut Facebook, Walid Sfar a jeté un pavé dans la mare ce matin et a enflammé les réseaux sociaux. Avec un post autour de la « dictature républicaine » le porte-parole d’AfekTounes a mis le doigt là où ça fait le plus mal en ouvrant grand la porte à un sujet, tabou et épineux mais dans lequel nombreux adorent s’engouffrer.

    Quelle solution miracle pour sortir de la crise aujourd’hui ? Dans son post le dirigeant Afek annonce la couleur. Mots phares : dictature, Romains et Gladiateurs, rien que ça ! Des mots qui font peur mais que le dirigeant Afek justifie par une volonté de vouloir « bousculer » et « ne pas passer inaperçu ». Force est de reconnaître que son message est passé comme une lettre à la poste et qu’un vrai débat a été créé autour de cette question.

    Selon lui, « notre plus grande priorité en Tunisie est de rétablir la force de la loi et sauver ce qui reste de l\’Etat ». Pour ça, il préconise d’instaurer « la dictature républicaine » et l’idée plait, à voir la vague de commentaires et de réactions qu’elle suscite sur les réseaux sociaux.

     

    Discussion très animée autour de deux questions : sauver ce qui reste de l’Etat nécessite-t-il forcément le retour de la dictature ? Sommes-nous enfin prêts pour une vraie et réelle démocratie ?

     

    Hormis ceux qui ont cru à un poisson d’avril tardif (ils sont nombreux et on les comprend), plusieurs ont été indignés et inquiets même de voir une telle idée soufflée par le porte-parole d’un parti au pouvoir.  D’autres en revanche ont estimé la proposition courageuse et répondant exactement aux impératifs de la période actuelle. En guise de réponses, voici quelques uns des commentaires qui ont fusé sur la toile : «  l\’idée est exceptionnelle et nécessaire », «  la foule confond l\’ordre, la justice et la liberté avec leurs expériences douloureuses et pénibles de la tyrannie passée. Mais surtout ils confondent le chaos l\’anarchie et la loi de la jungle avec la démocratie et l\’émancipation », « je suis sidéré de voir des gens qui se proclament éclairés, mais apparemment très peu démocrates, soutenir ce non sens AU 21EME SIECLE ! »…Même si ce genre de statut, déguisé derrière une bonne dose de caricature, peut étonner, il cache derrière une idée bien réelle, et de surcroit, largement répandue : celle d’un relatif retour à une dictature « nécessaire, modérée peut-être, mais salutaire ».

     

    Si chaque argument se comprend, d’un certain point de vue, et peut s’entendre, il est tout de même étonnant de voir à quel point les gens ont la mémoire courte. En 5 ans de « transition démocratique », on a rapidement estimé que la démocratie n’avait pas suffisamment porté ses fruits et on a décidé de l’abandonner pour revenir au point de départ.

     

    « La loi est notre rempart face à l\’arbitraire, cet arbitraire qui mine nos institutions » écrit Walid Sfar pour calmer les ardeurs de ceux qui ont tiré sur lui à boulets rouges. Et on les comprend ! L’idée étant une application de la loi. Une application ferme, rigoureuse et fidèle au texte. Une application en toute circonstance. Mais faut-il employer les grands moyens pour y arriver ?

     

    La question se pose, dans un contexte de crise économique et sociale alarmantes. Alors que les Tunisiens se rendent à peine compte de la gravité de la situation et de l’important rôle qu’ils pourront jouer pour sauver les meubles. Alors que les fonctionnaires auront droit à 3 jours de repos pour se reposer de leur farniente quotidien et enchaineront avec deux mois de séance unique jusqu’à la rentrée. Alors que la préoccupation du moment, en cette période de l’aïd, demeure consommer encore et encore, mais ne rien produire du tout en contrepartie.

    Faut-il une nouvelle dictature, ou même un soupçon, pour donner un bon coup de pied dans la fourmilière ? Certains pourraient être tentés de le croire. Mais ce serait un raccourci trop facile.

     

    Alors que les dirigeants actuels devraient prendre toutes leurs responsabilités dans la situation actuelle, plus que délicate, certains préfèrent la fuite en avant. Onrejette toute la responsabilité sur le peuple et on affirme, sans la moindre gêne, que tout pourra se résoudre à travers un bon coup de dictature…

     

    Que ferait le pays d’un homme d’Etat fort et ferme si ses institutions sont fragilisées et loin d’être fonctionnelles ? Au lieu de donner l’exemple de l’excellence, du travail bien fait, de l’implication et du respect des lois, les gouvernants actuels préfèrent, encore et toujours, la facilité.

     

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *