Mathieu Langeron, directeur général de Total Tunisie et président du groupement professionnel du Pétrole était l’invité de la matinale sur Express FM ce mercredi 2 novembre 2016 pour annoncer que le marché parallèle des carburants en Tunisie représente 30% de la consommation tunisienne et que l’Etat tunisien enregistre 500 millions de dinars de pertes par an à cause de ce circuit informel.
Au micro de Wassim Ben Larbi, il a déclaré : « Le point noir du marché du pétrole en Tunisie est le marché parallèle de contrebande de carburants. C’est clairement un acteur prépondérant de l’écosystème du secteur pétrolier et il pèse, non pas, 20% mais 30% du marché total de pétrole en Tunisie. J’ajouterai que les acteurs de ce système sont extrêmement agressifs et organisés. Agressifs au niveau des prix annoncés qui défient le marché légal de carburant ».
A propos de relevé des prix de carburants provenant de la contrebande, Mathieu Langeron a indiqué que des tournées étaient effectuées régulièrement par Total Tunisie. Ainsi, le litre de super est à 1 dinar 650 dans le marché légal alors que sur le marché parallèle ce prix varie entre 800millimes et 1dinar 100 le litre selon les régions. Le DG a déclaré à ce propos que « pour le consommateur ces prix sont très déconcertants ».
Sur l’infiltration de ce marché dans le Grand-Tunis, Mathieu Langeron a fait état de son rapprochement vers la capitale. Il a déclaré : « Depuis plusieurs mois, nous remarquons que ce marché parallèle ne cesse de se rapprocher du Grand-Tunis, il s’installe profondément et durablement surtout à Sfax. Dans cette ville, Total réalise des pertes estimées à 25% ».
Avançant la somme de 500 millions de dinars par an de pertes pour l’Etat en termes de taxes non perçues par l’Etat, le DG a exprimé sa désolation pour l’Etat tunisien. Géographiquement, il a ajouté qu’entre le gouvernorat de Kèbili et celui de Sfax, il y avait 140 points de vente de contrebande de carburants et que malgré les contestations de Total Tunisie auprès du gouverneur, rien n’a été fait.
Mathieu Langeron, a, par ailleurs, indiqué que des signes tangibles d’une action gouvernementale pour circonscrire ce marché sont visibles de la part de l’Etat.
K.H










