L’avocate et veuve de Chokri Belaïd, Basma Khalfaoui, était l’invitée dans la soirée du mercredi 23 novembre 2016, de Myriam Belkadhi sur El Hiwar Ettounsi.
Revenant sur le tournant que semble avoir pris l’affaire de l’assassinat de son défunt mari, Basma Khalfaoui a souligné que le changement de comportement du ministère public est un tournant qui présage plus d’efforts dans la recherche de la vérité.
Elle a précisé que le ministère public a donné l’ordre de revoir certaines déclarations et certaines pièces à conviction présentes dans le dossier et qui ont, jusque-là, été sciemment ignorées.
Mme Khalfaoui a expliqué que son récent manque de réactivité et la rareté de ses apparitions sur les médias est dû à une volonté de laisser les choses se tasser un moment. « Ce qui s’est passé et tout le brouhaha qu’il y a eu autour de l’affaire a semé le doute sur tout le monde, les gens ne savent plus démêler le vrai du faux et il fallait prendre un certain recul pour que les choses se mettent à leur place » a-t-elle affirmé.
Interrogée sur l’affaire Lotfi Nagdh, Basma Khalfaoui a estimé que nombreuses personnalités ont eu peur de s’exprimer craignant d’être accusées de partialité. « L’affaire Lotfi Nagdh a confirmé l’implication d\’Ennahdha dans la spirale de la violence qui a secoué le pays, et semé le doute sur l’indépendance de la justice. Nous avons vu des avocats défendre des terroristes et nous avons vu des ministres et des députés rendre visite, au grand jour, a des suspects de meurtre » a-t-elle ajouté.
« Cette affaire a révélé les réels enjeux et les réels conflits, loin de cette poudre aux yeux qu’on appelle consensus, et le jugement dans l’affaire Nagdh est une affaire de loi et il ne devrait y avoir aucun différend sur l’application d\’un texte clair et précis !» a déclaré la veuve de Chokri Belaïd ajoutant que « depuis la Troïka et le mandat de Noureddine Bhiri, nous trainons une justice aléatoire. D’ailleurs nombreuses personnalités n’ont jamais rendu de comptes, dont Ali Lâarayedh qui a ordonné les tirs à la chevrotine à Siliana et qui a estimé bon de ne pas capturer Abou Iadh alors qu’il pouvait en donner l’ordre ».
« Je demande juste que les investigations soient sérieusement menées, que la loi soit appliquée à la lettre et je ne lâcherai jamais l’affaire. Il faut rassurer les gens ! Comment bâtir un Etat stable et sûr en montrant un tel exemple dans le traitement des dossiers de Belaïd de Brahmi et de Nagdh ? Les gens alors n’auront plus confiance en la justice, à quoi cela sert-il de leur matraquer des slogans de sécurité et de stabilité ? » s’est enfin interrogée Basma Khalfaoui.










