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Médecin, mon beau médecin…

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    Il vaudrait mieux pour vous que vous ne tombiez pas malade aujourd’hui. Les médecins sont en grève et protestent contre le fait que leurs collègues soient arrêtés et jetés en prison sans qu’il n’y ait de jugement. Ils ont raison.

     

    Leurs arguments sont aussi tranchants que leurs scalpels et leurs raisonnements sont aussi efficaces que leurs ordonnances. Mais sur cette affaire, uniquement. Du haut de leur décennie d’études, certains d’entre eux, les plus « intelligents », s’en prennent aux médias et à la presse. Même pendant leurs marches d’aujourd’hui, certaines blouses blanches s’en sont prises à des journalistes. Ils ont scandé des slogans hostiles à la presse et aux médias alors que leur marche est contre les abus dont ils sont victimes. Il faudrait également que ces docteurs nous expliquent comment ils veulent que leur marche ait du succès si les médias ne font pas leur travail. Ah, pauvre journaliste ! Tu couvres la marche des enseignants, tu te fais insulter. Tu couvres la marche des médecins tu te fais agresser. Mais à part ça tout va bien et notre élite fait plaisir à voir, vraiment.

     

    Mais comment dire à ces médecins qu’ils ne comprennent rien au travail des médias et à la manière dont fonctionne une chaîne de télé ou de radio ? La difficulté vient du fait qu’un médecin sait tout et comprend tout, par défaut! Je caricature me direz-vous ? Oui évidemment ! C’est bien ce que font certains médecins en parlant des médias, par ignorance ou pas mauvaise foi. Quand ils sont à l’affût de la moindre erreur et qu’ils accusent l’ensemble des journalistes de bêtise et de légèreté, les médecins font exactement ce dont ils se défendent.

     

    Imaginons un instant si l’ensemble des médias avait boycotté les mouvements des médecins. Imaginons si les journalistes avaient eux aussi, fait grève et auraient snobé les blouses blanches. Le mouvement des médecins aurait quand même été amputé de sa portée. C’est ce qu’avaient fait les journalistes durant l’ère de la troïka, quand un médecin était à la présidence de la République et un autre à la tête de l’Assemblée nationale constituante. C’est ce qu’avaient fait les journalistes quand ils étaient seuls, complètement seuls, en face de la volonté hégémonique de la troïka. Si les journalistes se passeraient bien des nombreuses leçons qu’on veut leur donner, ils restent toujours ouverts à la critique et à l’amélioration.

     

    Tout cela mis de côté, puisque les journalistes ne sont pas rancuniers, il faut dire que la profession de médecin en Tunisie souffre. Elle souffre de mauvaises conditions, de manquements dans la couverture légale et de problèmes récurrents liés à la hiérarchie et à la responsabilité. La profession souffre également de certains de ses représentants, car, heureusement, l’ensemble des médecins n’est pas concerné par les agissements de certains de leurs confrères. Il ne faudrait pas que les médecins se trompent de combat et s’en prennent au miroir parce que ce qu’ils y voient est moche. Leur combat est celui de la préservation et de l’amélioration de leur profession, et par delà, de la situation du citoyen. Donc, c’est un combat qui concerne tout le monde et la presse tunisienne se fera un devoir d’y participer.

     

    On connait tous, dans nos familles ou dans nos cercles d’amis, cette personne qui sait tout, qui a réponse a tout, qui ne supporte pas la critique et qui nous regarde de haut parce qu’on n’y comprend rien. Certains de nos médecins sont ainsi, mais on les aime quand même…

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