L’ancien ministre des Technologies de l’information et de l’Economie numérique dans le gouvernement de Habib Essid et co-fondateur du parti Afek Tounes, Noômane Fehri, a révélé hier, vendredi 7 avril 2017, dans l’émission radiophonique Digiclub de Walid Neffati qu’il a failli démissionner trois fois de son poste.
Il a répondu aux questions du rédacteur en chef adjoint de Business News, Marouen Achouri, à propos de l’affaire Go Malta et a déclaré : « Je suis heureux aujourd’hui d’avoir bonne conscience car techniquement et financièrement c’est un investissement gagnant. Qu’une entreprise tunisienne mette les pieds en Europe est une très bonne chose. Tunisie Telecom a montré, avec l’acquisition Go Malta, qu’elle pouvait être un opérateur régional. Il est vrai que j’ai fait l’objet d’une campagne de dénigrement assez importante de la part de certains malfrats mais aujourd’hui je savoure entièrement ma bonne conscience».
L’ancien ministre a ajouté que suite à une réunion de la CAREP qui a eu pour ordre du jour des débats autour de l’acquisition Go Malta, Habib Essid avait décidé de rejeter l’idée d’un tel investissement. Il a ainsi indiqué « suite à la réunion de la CAREP il a été décidé d’aller dans le sens de l’acquisition Go Malta, bien que Habib Essid n’était pas pour. Les démarches ont commencé dans la direction de l’acquisition et, pour ne pas faire de vague et éviter la polémique, Habib Essid m’a appelé pour me demander d’abandonner l’affaire ».Suite à quoi Noômane Fehri a préparé sa démission. Toujours dans l’affaire Go Malta, Noômane Fehri a présenté une seconde démission que Habib Essid a négociée. « Le chef du gouvernement, qui est quelqu’un que très patriotique et que j’adore, avait conscience du problème politique et de son ampleur. Il voulait éviter la polémique ».
Dans sa rétrospective politique, M. Fehri est revenu également sur sa troisième tentative de démission. « Une démission mentale et non publique » qui a eu lieu lors du remaniement ministériel du gouvernement Essid. « Selon moi, ce remaniement n’avait aucune valeur ajoutée et j’ai voulu démissionner mais mon parti Afek m’en a empêché ».Suite à ces révélations, Noômane Fehri a avancé que : « Quand on est ministre il faut avoir du courage et avoir constamment sa démission sur soi ! ».
Durant l’émission, l’ancien ministre a annoncé qu’il quittait la scène politique pour se consacrer entièrement à l’entreprenariat numérique « en faveur des générations futures ». Il a abordé la question des futures élections municipales et a indiqué qu’« aujourd’hui moins de 5% des députés à l’Assemblée sont conscients de l’importance primordiale du numérique »…
« Je garde une équidistance des partis mais j’ai une famille politique composée de Afek, Nidaa et Al Badil et bien sûr je ne voterai pas pour Ennahda » a-t-il également ajouté.
K.H










