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Ils n’ont plus d’imagination. A nous de jouer !

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    Par Nabil Ben Azouz*

     

    Ce qui se passe dernièrement sur la scène politique inquiète et nous laisse perplexes quant au devenir de notre processus démocratique. Tout prête à croire que ce processus est en danger. Que l’on en juge.

     

    Tout d’abord, le spectacle désolant sentant la magouille et le « taghawal » que donnent les députés de l’ARP qui parait-il, n’arrivent pas, ou plus exactement ne veulent pas élire le futur président de l’ISIE. Chacun voudrait, mais ça ils n’ont pas le courage de le dire, qu’il soit son futur « factotum ».

     

    Concernant les membres de l’ISIE eux-mêmes, ils sont autant responsables de cette situation abracadabrante que les députés. On les croyait soudés et unis. Qu’a-t-on vu ? Ils se présentent à six et ne cachent pas le fait qu’ils se détestent royalement. Chacun voulant devenir vizir à la place du vizir ! La démocratie tunisienne n’est pas la caverne d’Ali Baba. Soyez humbles. On peut vous proposer une solution simple : désistez vous tous les six et imposer à l’ARP un seul nom. Il serait judicieux et très noble de votre part de vous mettre d’accord sur le nom d’une des femmes membre de l’ISIE. Cela aura de la gueule et on vous félicitera.

     

    Par ailleurs et concernant notre processus démocratique pas encore achevé, le pire danger qui le guette c’est ce que l’ARP a osé voter le 26 octobre dernier, et presque en cachette comme à son habitude, un article de loi ouvertement liberticide. Et cela hélas, dans un silence assourdissant et donc complice de certains politiques et de quelques médias.

     

    Effectivement, l\’ARP en pleine nuit et alors que cette question n\’était même pas à l\’ordre du jour, a validé sans honte aucune, l\’art. 33 du projet de loi manigancé par le gouvernement et cela contre l\’avis des experts et contre la décision de l\’Instance provisoire de contrôle de constitutionnalité des projets de loi qui l\’avait pourtant rejeté pour inconstitutionnalité en août dernier… Le summum du culot ! 

    Désormais, un ou plusieurs membres de toute instance constitutionnelle peuvent être démis de leurs fonctions à la demande d\’un tiers des députés et par l\’adoption à une majorité des deux tiers. Donc les parlementaires, désormais juges et parties, peuvent quand ils le désirent « virer » tout membre de n\’importe quelle instance constitutionnelle ! 

    Imaginez les dépassements et les magouilles, en plus du fait que c\’est un moyen diabolique pour mettre ces instances sous tutelle, qui certes, doivent rendre des comptes, mais jamais que l\’on vire un de ses membres comme un malpropre lors de son mandat. C’est de plus en plus clair que ce Parlement, et beaucoup d’autres également, refusent tout contre-pouvoir et montrent finalement leur dédain de la démocratie.

    C\’est ainsi que l\’on achève une démocratie… naissante. Et il est grand temps, hélas et encore une fois, que notre Quartet nobélisé monte au créneau. La majorité de la société civile, fatiguée, divisée, démobilisée, démoralisée n’attend qu’un signal pour retrouver ce « romantisme révolutionnaire » créateur des débuts 2011, que beaucoup ont hélas, déjà oublié. Quand le peuple veut… !

     

    * Militant indépendant

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