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Il y a trente ans, Zine El Abidine Ben Ali promettait le Changement pour la Tunisie

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    Il y a trente ans de cela, plus exactement un certain 7 novembre 1987, toute la Tunisie fût prise de court par la nouvelle : Zine El Abidine Ben Ali prenait le pouvoir, mettant, ainsi, à l’écart le mythe Habib Bourguiba. Un changement qui s’imposait ou un coup d’Etat enveloppé ? Ce qui est certain, c’est que la Déclaration du 7 novembre répondait, à l’époque, aux attentes et aux aspirations de tous les Tunisiens.

     

    « Face à sa sénilité et à lʹaggravation de son état de santé et nous basant sur le rapport y afférent, le devoir national nous impose de le déclarer dans lʹincapacité absolue dʹassumer les charges de la Présidence de la République. De ce fait, et en application de lʹarticle 57 de la Constitution, nous prenons en charge, avec l’aide du Tout‐Puissant, la Présidence de la République et le commandement suprême de nos forces armées »

    C’est ainsi que résonnait, dans son préambule, la Déclaration du 7 novembre 1987, prononcée, sur un ton solennel, sur les ondes de la radio nationale, par le Premier ministre de l’époque, Zine El Abidine Ben Ali. C’est sur la base d’un rapport médical, signé par sept médecins qu’il prend le pouvoir, succédant au leader Habib Bourguiba.

     

    Coup d’Etat dit-on ? Soit ! Cela s’est déroulé, théoriquement et officiellement, dans le respect de la Constitution en vigueur. Certains se disent même avoir été soulagés que le changement ait eu lieu sans la moindre goutte de sang. Au contraire, on assistait à l’époque à une déferlante d’enthousiasme, tant l’espoir était grand et les promesses stimulantes.

    « Dans lʹexercice de nos responsabilités, nous comptons sur la contribution de tous les enfants de notre chère patrie, et ce dans un climat de confiance, de sécurité et de sérénité d’où seront bannies la haine et la rancœur […]. Lʹépoque que nous vivons ne peut plus souffrir ni de la présidence à vie, ni de la succession automatique à la tête de l’Etat desquelles le peuple se trouve exclu. Notre peuple est digne d’une vie politique évoluée et institutionnalisée, fondée réellement sur le multipartisme et la pluralité des organisations de masse ».

    Ce furent les promesses qui avaient enthousiasmé les Tunisies, toutes tendances et tous courants idéologies confondus. C’est que ces promesses n’étaient autres que les revendications réclamées par les formations politiques et les opposants prônant l’instauration d’un processus démocratique ainsi que  les défenseurs des droits de l’Hommes.

    Or, à part les quelques premières années ayant suivi  ce coup, l’euphorie commençait à s’estomper peu à peu cédant la place au scepticisme et au doute. Au final, cela a auguré un véritable établissement d’un régime dictatorial, pur et dur, mais qui essaye de passer d’une manière pernicieuse.

     

    En effet, les débuts de ce qu’on appelait « la nouvelle ère », ont été marqués par une concrétisation des «promesses » à savoir la révision effective de la Constitution pour supprimer la présidence à vie et limiter le nombre de mandats à trois, d’une durée de cinq ans chacun.

    Ensuite, on mentionnera la tolérance envers le Mouvement des démocrates socialistes et, surtout, le Mouvement de la tendance islamiste (MTI) avec une liberté relative d’action et la publication autorisée de son organe, l’hebdomadaire en langue arabe, « El Fejr » dirigé par Hamadi Jebali en personne.

     

    Mais l’attentat survenu contre le siège du comité de coordination du RCD dissout de Bab Souika où les deux gardiens avaient été brûlés vifs, selon la version officielle, avait renversé les donnes. En effet, le régime de Ben Ali et les faucons qui l’entouraient en avaient profité pour lancer une répression sans précédent.

    Une répression qui ne s’est plus arrêtée faisant incarcérer des dizaines de milliers de militants et de sympathisants du mouvement devenu, Ennahdha. Et dans la foulée, Ben Ali et son gouvernement ont fait élargir ladite répression aux différents mouvements d’opposition et autres droits-de l’hommistes  sans distinction entre islamistes, gauchises et simples démocrates…

    Et ce qui corsait la situation fût la domination du régime par la corruption « personnalisée » des clans familiaux, notamment ceux des Ben Ali, Trabelsi, Materi, Chiboub, etc.

     

    Toutefois et au fur et à mesure que le temps passe, après l’évènement de la Révolution du 14 janvier 2011, l’état d’esprit d’un bon nombre de citoyens tunisiens n’est plus tout à fait le même. Il faut dire que sept ans après la chute du régime de l’ancien président Ben Ali, plusieurs voix ne cachent plus leur nostalgie pour sa période de gouvernement.

    Ces voix ne sont plus timides, elles sont encouragées dans cela par l’absence d’un changement significatif dans leur vécu quotidien. Les plus démunis se sentent encore plus appauvris. C’est qu’ils ont été fortement affectés par l’inflation continue, la dégradation de leur pouvoir d’achat ainsi que de leur situation socio-économique d’une manière globale.

    D’autres regrettent la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays et la prolifération du terrorisme. Un sentiment d’insécurité touchant les citoyens et impactant d’une manière directe le climat des affaires et de l’investissement.

     

    En tout état de cause, la dictature ne peut plus se réinstaller en Tunisie. Le vent de liberté qui a soufflé sur la Tunisie a changé les mentalités de plus d’un, ne laissant aucun espoir pour un retour en arrière. Mais ces mêmes gens qui ne veulent plus lâcher le plus grand acquis réalisé par la Révolution, estiment qu’il ne faut confondre liberté avec manque de respect et diffamation. Il y va de la poursuite du processus démocratique, dans lequel s’est lancé la Tunisie, et de l’œuvre de reconstruction du pays.

     

     

     

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