Intervenant sur Express FM ce jeudi 25 janvier 2018, le ministre auprès du chef du gouvernement chargé des grandes réformes, Taoufik Rajhi, a indiqué que le gouvernement actuel mène une politique de rigueur économique mais pas d’austérité. Pour Rajhi, une politique d’austérité implique un gel des augmentations des salaires pendant une période pouvant aller à 7 ou 8 ans et une baisse des rémunérations, or en Tunisie, « nous allons procéder à une augmentation des salaires dans les secteurs public et privé à partir du mois d’avril 2018 », indique le ministre.
Par ailleurs, Taoufik Rajhi ajoute que le gouvernement a pris des mesures révolutionnaires et coûteuses pour les caisses de l’Etat en faveur des catégories les plus défavorisées (augmentation du SMIG et de la pension des familles nécessiteuses, couverture sociale pour les chômeurs). « La question sociale est au cœur de nos préoccupations » affirme Rajhi.
« Nous avons entamé des grandes réformes douloureuses pour le citoyen », admet toutefois le ministre, mais « nous tenons à préserver le pouvoir d’achat des citoyens et spécialement des catégories à faible revenu ».
Sur la question du role du FMI, le ministre a indiqué que l’institution monétaire internationale a eu un role « salvateur » pour l’économie tunisienne, et que le fait que la Tunisie soit crédible et solvable auprès du FMI « nous donne une bonne image chez les bailleurs de fonds internationaux ».
Concernant la récente baisse des réserves en devise en dessous de 90 jours, Taoufik Rajhi a tenté de minimiser les faits en rappelant qu’en 2013, lesdites réserves étaient tombées à 87 jours. Le ministre préconise d’adopter des « mesures » afin d’augmenter ce chiffre, à l’instar du développement du tourisme, de l’agriculture de l’industrie du phosphate et une hausse des investissements directs étrangers.
Sur le même thème des devises, le ministre ajoute que le gouvernement possède des éléments (exportation de l’huile d’olive, versement de la 3ème tranche du prêt du FMI) qui indiquent que l’euro va se stabiliser autour des 3 dinars dans les prochains mois. Aussi, des bureaux de changes officiels vont être installés aux frontières terrestres pour que les touristes algériens et libyens échangent leurs monnaies locales en devise.
Enfin, Taoufik Rajhi s’est dit optimiste quant à une reprise économique en Tunisie, à la seule condition de « travailler et encore travailler dans les secteurs public et privé ».
N.B.G










