Le directeur du département Moyen-Orient et Asie Centrale au Fonds monétaire international (FMI), Jihad Azour, vient de publier récemment un article intitulé « Croissance économique et équité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord« .
Ainsi, M. Azour estime que la montée des tensions sociales et des manifestations dans plusieurs pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord montrent clairement que le désir de prospérité, d’équité et d’avenir des habitants de la région reste insatisfait. «Leur frustration est compréhensible, et c’est justement pour cela qu’il serait regrettable que le processus de réforme économique en cours fasse marche arrière».
Il a réitéré, à cette occasion, la volonté du FMI à aider ces pays membres à solutionner les différents problèmes de leurs pays, pour bénéficier d’une croissance économique et d’une équité sociale.
Les principaux objectifs de ces pays sont clairs : créer des emplois, en particulier dans le secteur privé, relever le niveau de vie et promouvoir une croissance durable. A cet effet, ils devront se doter d’un socle économique sain, ce qui implique de maîtriser l’endettement et l’inflation, ainsi que d’encourager l’investissement et l’activité économique. D’où, la nécessité des réformes, précise M. Azour.
Le FMI prend en compte la situation de chaque pays dans ses recommandations, a-t-il affirmé. Ainsi, en Tunisie, où la dette publique est déjà élevée et augmente encore, le fonds a fourni des financements qui permettront un ajustement budgétaire plus progressif que ce qui aurait été possible autrement, et à un taux d’intérêt plus bas. D’autres créanciers étrangers devraient également fournir des fonds à des conditions favorables, de préférence sous la forme de dons, afin de dégager des marges supplémentaires.
«Nous nous efforçons également d’être attentifs aux circonstances sociales et politiques où nous avons adouci plusieurs fois l’objectif en matière de déficit budgétaire, malgré les conséquences pour la dette et l’inflation», a expliqué Jihad Azour. Et d’ajouter : «Evidemment, il ne suffit pas, pour assurer la viabilité des finances publiques, de réduire les déficits budgétaires : les mesures que prennent les États pour y arriver sont également importantes. La fiscalité est un mécanisme essentiel, tant pour générer des recettes (qui permettront notamment de financer les dépenses sociales) que pour veiller à une répartition équitable de l’impôt sur toute la population». En parallèle, il faut redoubler d’efforts pour lutter contre la fraude fiscale, élargir l’assiette de l’impôt et rendre la fiscalité plus progressive.
Dans les programmes qu’il soutient, le FMI veille également de plus en plus à ce que les personnes les plus vulnérables soient préservées des augmentations d’impôts et des réductions des dépenses. En Tunisie, l’administration a élargi le programme de transferts monétaires en faveur des personnes à faible revenu, doublant ainsi le nombre de familles bénéficiaires et triplant le montant moyen des transferts. Les dépenses sociales globales ne peuvent pas tomber en dessous d’un seuil plancher, conformément au programme soutenu par le FMI.
« Dans toute la région, le FMI prône la réduction des subventions à l’énergie, qui sont très coûteuses. Pourquoi? Parce que ces subventions profitent principalement aux classes aisées. Parallèlement -et c’est très important-, le FMI déconseille fortement de réduire les subventions alimentaires, par exemple pour l’achat de pain en Jordanie et en Tunisie », a conclu le responsable.
I.N










