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L’arrivée aux limites en chiffres

 

Une conférence sous le thème : « Les défis de la consolidation démocratique face à la crise économique et sociale en Tunisie » a été organisée samedi 3 mars 2018 par le Cercle Kheireddine. Trois conférenciers ont pris part à cette rencontre en l’occurrence, Mahmoud Ben Romdhane, Hédi Arbi et Sadok Belaid.

Une intervention a été largement partagée sur les réseaux sociaux, celle de Mahmoud Ben Romdhane, ancien ministre du Transport qui a dressé un état des lieux en chiffres de la situation économique en Tunisie. En voici un extrait :

 

 

« Dépenses publiques en Tunisie 46.5%, record mondial des pays en voie de développement et émergent en dehors de Cuba. Le nombre additionnel de fonctionnaires de 2011 à 2017 : 197 000 agents.

L’augmentation salariale dans la fonction publique moyenne en 7 ans est de 7.8%. Tout cela a été payé par la dette dont l’encours est de 76 milliards dinars soit 72% du PIB. Le déficit budgétaire de 6.1% en 2017 et un déficit courant de 10%.

On compte 80 jours de réserves en devises au 2 mars 2018. Les salaires dans les entreprises publiques (3.7 milliards de dinars) représentent 56% de leur valeur ajoutée, avec des pertes de 1.2 milliard de dinars en 2017 dont 275 millions de dinars dans le secteur du transport.
Le déficit des caisses sociales cumulées sur les années 2011 à 2017 est élevé à 3975 millions de dinars dont 2303 millions de dinars pour la CNSS et 2190 pour la CNRPS, et un excédent de 518 millions de dinars pour la CNAM qui n’est pas payée par les autres caisses, d’où la crise du système de santé. On paye les retraités au détriment des malades. Le déficit des caisses sociales pour l’année 2017 a été de 1326 millions de dinars.
Les régions intérieures ont perdu 10 000 emplois chaque année. Les régions se vident des forces de travail. Sidi Bouzid a perdu 29 500 emplois.
Le choc démographique grâce à Bourguiba a permis de ramener le taux de chômage de 21.5% théorique à 15.5% actuel. La demande additionnelle n’étant plus que de 45 000 seulement aujourd’hui.
Perte de 9.1 milliards de dinars de valeur ajoutée de la filière du phosphate, situation similaire pour le secteur énergétique. La CPG risque de faire l’objet de poursuites judiciaires au niveau international (1 milliard de dinars avec les Indiens de Tifert).

Les événements du Kamour ont coûté 925 millions de dinars. A Kerkenah les pertes sont de 400 000 dinars par jour sur plusieurs mois. La BFT risque de coûter plus que 500 millions de dinars, peut-être de 1 milliard de dinars.
On atteint aux limites de l’effondrement, du chaos. La déflagration multiple à nos portes, corporation contre corporation. Chacun tire de son côté.
Le corporatisme fait perdre beaucoup d’argent à l’Etat en plus du coût du terrorisme direct (2 milliards de dinars) et indirect (tourisme…).
La Tunisie n’a plus rien à donner, qu’est ce que nous pouvons lui donner ?
L’UGTT, l’UTICA, le gouvernement… doivent prendre leurs responsabilités 
».

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