Trois équipes lauréates ont remporté la 11ème édition du « Challenge Projets d’Entreprendre », un concours organisé par l’Ecole supérieure des communications de Tunis (Sup’Com) et parrainé par la Société tunisienne de banque (STB). Ils sont les heureux gagnants d’un chèque de 3.000 dinars par équipe. Il s’agit respectivement de Tun’To, Car Age et Eco Coin.
Les prix ont été remis par le ministre des Technologies de l\’information et de l\’Economie numérique Anouar Maârouf, en présence des parrains, la présidente du Conseil d’administration de la STB Nejia Gharbi et son directeur général Samir Saied, du directeur de la Sup’Com Sofiane Cherif et des autres sponsors, membres du jury et invités.

Cette édition, qui se tient du 7 au 14 avril 2018 au parc technologique d’El Ghazala, autour des thèmes « Blockchain et l’Intelligence Artificielle », a réuni plus 33 équipes et 207 étudiants issus de la Sup’Com mais également de l’Iset’Com et de l’Institut des hautes études commerciales de Carthage (IHEC). Chaque équipe est composée de 6 à 7 membres. Les élèves-ingénieurs et étudiants managers ayant dû imaginer et réaliser le meilleur projet de création d’entreprise innovante portant sur un service et/ou un produit TIC. Samedi dernier, les équipes se sont inscrites. Elles ont pu bénéficier d’un accompagnement riche et varié, notamment un coaching professionnel, un acceleration morning, des ateliers, des pôles conseils et un espace pédagogique en ligne. Elles ont eu aussi droit à des ressources numériques, un espace de travail collaboratif et de divers outils de communication. Jeudi elles ont déposé des vidéos de leur business plan. Vendredi, 12 équipes ont été sélectionnées pour la finale, où elles ont pu présenter leurs projets ce samedi, chacune d’elles ayant eu 3 minutes pour présenter son projet et 10 minutes pour répondre aux interrogations du jury de professionnels (chefs d’entreprises TIC, banquiers, Sicaristes, investisseurs,…). L’objectif final étant de leur inculquer l’esprit d’entrepreneuriat et les encourager à lancer leur propre projet.
A cette occasion, M. Maârouf s’est dit heureux de la dynamique sur le terrain et de celle du Startup Act. «Nous aussi nous avons des challenges à relever et une feuille de route à respecter», a-t-il déclaré. Et d’ajouter : «Après l’adoption du Startup-Act à l’ARP, nous travaillons actuellement sur les textes d’application en espérant qu’ils soient adoptés d’ici fin avril. Aujourd’hui, il y a 10 points sur lesquels nous œuvrons. Deux projets de loi, le 1er projet déjà à l’ARP qui sera voté prochainement et qui concerne les fonds d’investissement spécialisés. Le 2ème projet concerne la création d’un nouveau type d’entreprise les SaaS (Software As A Service), actuellement en préparation au ministère de la Justice et sera bientôt soumis au conseil des ministres. Le ministère travaille de concert avec la Banque centrale de Tunisie (BCT) sur deux circulaires. La première concerne le compte en devise des startups l’objectif est de leur accorder plus de liberté et moins d’entraves. La seconde concerne l’augmentation du plafond de la carte technologique à 100.000 dinars, au lieu de 10.000 dinars actuellement».
Le ministre explique aussi qu’au départ, il y avait 6 décrets d’application du Startup Act qui après la réunion de la veille, ont été convertis en un seul décret. «Le texte est prêt et nous allons l’envoyer à la présidence du gouvernement», a-t-il noté.
Anouar Maârouf a affirmé à l’adresse des étudiants d’aujourd’hui et porteurs de projets de demain : «Nous sommes en train de mettre le cadre pour que vous puissiez travaillez dans de bonnes conditions en ayant le terrain légal favorable et les financements». Et de poursuivre : «Nous travaillons sur la mise en place le plus rapidement possible du fonds pour permettre l’accompagnement et le financement des startups, et notamment sur le programme d’empowerment des compétences tunisiennes ainsi que sur le projet de réforme du parcours de formation dans les Iset fait par le ministère de l’Enseignement supérieur. Tous ces programmes vont permettre de positionner la Tunisie comme une vraie plateforme de création et développement de startups et de positionner notre pays en tant que hub technologique dans la région».

Nejia Gharbi s’est dite, pour sa part, très touchée par les projets présentés alors que les étudiants avaient un temps très restreint pour les réaliser. Elle a estimé que ce qui a été présenté prône un avenir très honorable à notre pays, en rappelant que la Tunisie mise sur ces jeunes entrepreneurs pour développer notre économie.
Samir Saied a considéré, quant à lui, que quel que soit le résultat de ce concours, les équipes vont sortir avec un acquis pour la vie, en reprenant la citation connue de Silicon Valley « fail often, fail fast & fail free » et expliquer qu’on apprend en surmontant les obstacles.
M. Saied avait expliqué à Business News, plus tôt dans la journée, que la STB a sponsorisé cet évènement de la Sup’com, étant une initiative qui est dans l’air du temps et qui va dans la direction des évolutions technologiques énormes du numérique et de la data. Il a rappelé, dans ce cadre, que le marché de l’intelligence artificielle a été estimé à 10 milliards de dollars en 2017, et on s’attend à ce qu’il atteingne 60 milliards de dollars en 2021.
«La Tunisie n’a pas le droit de rater le coche. Tous les stakeholders ont intérêt dans un écosystème qui permet à l’épanouissement de nos sociétés et des étudiants dans l’ère numérique. Les participants à ce challenge sont la crème de la crème de nos ingénieurs, qui ont l’esprit de l’entreprenariat, et c’est eux qui vont créer les startups de demain. Au lieu que ces ingénieurs quittent le pays après être formés, nous voulons leur créer un écosystème leur permettant de s’épanouir et d’avoir tout le soutien et le support dont ils ont besoin, pour prendre part à ce marché en plein expansion. L’avenir n’est pas d’avoir un poste dans le public ou le privé, l’avenir est dans la création de projets dans l’économie du savoir», a-t-il souligné.
I.N










