La Haute autorité de la communication audiovisuelle (Haica) a publié un communiqué aujourd\’hui pour réagir au jugement en référé rendu par la Chambre civile du Tribunal de première instance de Tunis 1 en date du 28 mai 2018 obligeant la chaîne Tounesna à stopper la diffusion des épisodes de la caméra cachée Shalom avec exécution immédiate. La Haica rappelle qu’elle a déjà sommé la chaîne, en date du 23 mai 2018, concernant l’épisode diffusé le 21 mai courant, de changer le générique de la série, de supprimer le drapeau de l’entité israélienne et de retirer ledit épisode de toutes les pages des réseaux sociaux et de ne plus la rediffuser.
Tout en mettant l’accent sur le respect des dispositions de l’article 31 de la Constitution, garantissant la liberté d’opinion, de pensée et d’expression et interdisant toute pratique de censure préalable, la HAICA met en garde contre « les risques que font encourir les imbrications des prérogatives des diverses instances au respect de la Constitution ».
La Haica estime que la décision du Tribunal constitue une prise à la légère d’une question complexe et une ingérence dans le domaine exclusif de la HAICA chargée de faire régner le respect par toutes les parties de la déontologie conformément aux articles 1, 3 et 16 du décret 116 en date du 2 novembre 2011. « Tout en mettant en garde contre les voix appelant au retour de la censure préalable ou à transformer la Haica en un simple mécanisme de contrôle avec pour seule mission l’interdiction de diffusion des programmes, l’Instance est consciente de l’importance des défis et de la nécessité de mener une bataille visant la mise en place d’une vraie culture de liberté d’expression et d’organiser une large consultation nationale pour un engagement à respecter la liberté d’expression et de son avenir dans le cadre des dispositions de la Constitution », peut-on lire dans le communiqué.
S.H










