Mardi 3 septembre, à sa sortie d’une réunion avec le président de la République, Béji Caïd Essebsi, le chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi avait la mine déconfite et une information capitale à divulguer. C’est que le Cheikh a donné son accord pour réactiver tous les points de l’Accord de Carthage 2, notamment le fameux point 64 qui énonce le départ du chef du gouvernement.
Pourquoi Rached Ghannouchi avait-il l’air tendu ? Selon les bruits de couloirs, le chef d’Ennahdha a dû céder aux pressions du président de la République qui tenait à l’éviction du jeune locataire de la Kasbah.
Branle-bas sur la scène médiatico-politique, le mouvement islamiste, dernier soutien de Youssef Chahed, vient de le lâcher. Cela suppose donc que ses jours sont plus que jamais comptés à la tête du gouvernement.
Jeudi 6 septembre, un communiqué du bureau exécutif d’Ennahdha, signé Rached Ghannouchi, réitère son ancienne position qu’il n’a cessé de clamer avant la réunion du palais de Carthage. Le mouvement est pour la stabilité du gouvernement et la nécessité qu’il mette rapidement en œuvre les réformes économiques et sociales. Bien sûr, un soutien conditionné par le fait que Chahed ne se présente pas aux élections de 2019.
Rached Ghannouchi opère une volte-face au nez du président de la République et prend de court tous ceux qui ont déjà commencé à préparer l’après Chahed. Alors qu’il a donné l’impression d’avoir abdiqué, le voilà qui relance de plus belle « le jeu du trône » !
I.L.










