Par Houcine Ben Achour
Annuellement, les conférences et autres forums sur l’investissement se succèdent, sans que l’on ait une vision claire de ce qui a été réalisé ou concrétisé à la suite de ces manifestations.
La semaine prochaine, l’Instance générale des partenariats public-privé (IGPPP), relevant de la présidence du gouvernement, organise un « Forum international sur les partenariats public-privé ».
Quelles sont les raisons qui ont amené cette fameuse Instance à mettre sur pied un tel événement ? Mystère et boule de gomme. En tout cas, il ne serait pas étonnant qu’on resserve une fois de plus aux éventuels participants les projets qu’on a remisé dans les tiroirs à l’issue d’une ancienne rencontre du même genre ayant eu lieu, il y a moins de deux ans : Tunisia 2020. N’aurait-il pas fallu que l’IGPPP établisse préalablement une évaluation, à défaut d’avoir engagé un sérieux suivi de cette « grandiose » rencontre qui a coûté des millions de dinars, heureusement financée par un don qatari de 6 MD ? Où en est-on des engagements fermes signés lors de la Conférence pour un montant total de 15 milliards de dinars ? Et qu’en est-il des promesses exprimées à la Tunisie pour un total de 19 milliards de dinars ?
A la lecture des projets qui seront présentés la semaine prochaine, on constate aisément la similitude avec les projets, pouvant faire l’objet d’un partenariat public-privé, exposés lors de Tunisia 2020. En tout cas, cela montre qu’en termes de développement du partenariat public-privé, rien n’a été concrétisé depuis ou si peu.
Pourquoi fallait-il pour autant remettre l’ouvrage sur le métier, en faisant appel à la Berd (Banque européenne pour la reconstruction et le développement) et à la SFI (Société financière internationale, filiale du groupe de la Banque mondiale chargé du financement du secteur privé) ? Le contexte politique et socioéconomique a-t-il évolué pour relancer la machine ?
Rien n’est moins sûr. Or, c’est sur ces considérations que les investisseurs se fondent pour décider. Quelles que soient les incitations financières et les avantages fiscaux qu’on leur présentera, ils ne pèseraient pas lourds pour contrebalancer l’image dévastatrice de l’instabilité politique ambiante et l’insupportable lenteur du processus de réformes économiques nécessaire au pays.
Il ne faut pas se leurrer, tant que l’environnement politique est ce qu’il est, tant que l’environnement des affaires n’est pas assaini des lobbies de la fraude, de l’évasion fiscale, de la contrebande, petite et grande, et de la corruption, tant que le climat social est dominé par les revendications catégorielles en tout genre et les menaces de grève à tout va, tout espoir ou ambition de développement économique serait illusoire.
A cet égard, le gouvernement aurait été mieux inspiré en prenant l’initiative d’organiser une conférence internationale sur la lutte contre ces fléaux, en comparant les approches et les expériences internationales en la matière…. A moins qu’il n’ait déjà anticipé et établit un ensemble de mesures qu’il fera connaître, ce vendredi 14 septembre, par le biais de la conférence nationale sur les orientations socioéconomiques et le projet de loi de finances 2019 qui réunira le « gotha » politique, d’affaire et syndical du pays.
En espérant que ce rendez-vous ne sera pas l’occasion d’une foire d’empoigne au regard des 4 grands thèmes qui y seront débattus : évolution du budget de l’Etat et éléments du projet de loi de finances 2019 ; mesures pour dynamiser l’activité économique ; le système de subvention et, enfin, les mesures sociales et de soutien aux familles démunies.
En tout cas, cela constituera sans nul doute le rendez-vous de rentrée de Youssef Chahed à travers lequel il aura l’occasion d’affirmer sa position sur tout ce qui entoure son avenir et l’avenir de son gouvernement. Mais aussi l’avenir du pays.










