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Les tambours de la discorde profitent aux plus patients

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    Par Karim Baklouti Barketallah

     

    En 2014, Nidaa a promis monts et merveilles. La guerre aux islamistes, la prospérité économique, la baisse drastique du chômage et des villes belles et propres. Fort de ces promesses, Nidaa arracha 86 sièges au parlement (contre 69 pour son adversaire islamiste, gagna la présidentielle, installa l\’un des siens a la tête du parlement et désigna le chef de l\’exécutif.

     

    Qu\’en reste-t-il aujourd\’hui? Un groupe parlementaire de 40 députés, un pays qui va mal sur le plan économique, un chômage galopant, des villes où il ne fait pas bon vivre et un partenariat fort avec Ennahda, qui outre les portefeuilles ministériels importants, pris les rênes de l\’administration tunisienne.

    Aujourd\’hui Nidaa, car il n\’a pas été au service de son parti en acceptant les nominations qui lui ont été suggérées de personnalités incompétentes, a décidé de congédier le chef du gouvernement issu de ses rangs et, avec l\’UGTT, cherche à faire dissoudre le gouvernement.

     

    Ennahdha jadis partenaire indéfectible du président de la République et de son parti, se dit qu\’il y a un joli coup a jouer en prévision des élections de 2019. Cette ambiance délétère et ces échecs à gouverner le pays, bien que Nidaa a conduit les affaires en compagnie d\’Ennahda, font que les Tunisiens ne font plus confiance a Nidaa et ne voteront pas pour en 2019 à l\’image de ce qui s\’est passé aux municipales de 2018. Tout benef pour les islamistes qui se disent que 2019 est une date charnière pour prendre et, pour très longtemps, le pouvoir, y compris pourquoi pas Carthage.

    Ils soutiennent Youssef pour deux raisons. Car cette ambiance et ce bras de fer ne font que renforcer, au sein de l\’opinion, l’idée qu’Ennahda est un parti responsable face à ces gamineries (terme quasiment utilisé par Abdelhamid Jelassi) et aussi car tout ce que fera Youssef Chahed pour assainir les entreprises publiques et réformer les caisses sociales ne pourra profiter qu\’a ceux qui prendront le pouvoir en 2019.

     

    Chahed en formant un groupe parlementaire d\’une cinquantaine de députés pourra empêcher toute tentative de déstabilisation de son gouvernement mais ne pourra absolument rien faire sans s\’accorder avec Ennahda. Ennahdha est le plus grand gagnant aussi bien à court qu\’à moyen terme et de ce conflit et de ce nouveau paysage politique qui se dessine qu\’il soutiendra jusqu\’au moment où il faudra aller vite pour gagner les élections, toutes les élections.

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