Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Ahmed Néjib Chebbi : Le président de la République n’a pas su tenir ses promesses

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

    Ahmed Néjib Chebbi a réagi aujourd\’hui, mercredi 26 septembre 2018, sur les réseaux soaiauux, au discours du président de la République estimant que ce dernier « n\’a pas su tenir ses promesses, ses forces se sont évanouies, lâché par ses alliés il se trouve aujourd’hui condamné à la paralysie ».

     

    Nous publions son statut dans son intégralité : 

     

    Le Président a parlé. Les précautions de langage, les hésitations voire l’irrésolution n’ont été d’aucun secours. La réponse d’Ennahdha ne s’est pas faite attendre, elle a été cinglante : la « stabilité gouvernementale » est au-dessus de toute considération !

     

    Le Président de la République, élu à la majorité des Tunisiens, expression de leur volonté générale, n’a pas su tenir ses promesses, ses forces se sont évanouies, lâché par ses alliés il se trouve aujourd’hui condamné à la paralysie.

    Ce qui doit nous préoccuper par delà le discours, c’est bien l’avenir de la Tunisie. Or de ce point de vue, le discours présidentiel n’ouvre sur aucune perspective et ne mérite pas qu’on s’y arrête.

    Ce qui profile à l’horizon, et doit nous préoccuper au plus haut point, c’est le retour probable au pouvoir de l’islam politique, sur fond de crise et de désaffection généralisées.

     

    Les résultats des élections municipales sont, de ce point de vue, sans appel : Ennahdha est redevenu le premier parti malgré l’étiolement de sa base électorale (500 000 voix), vient derrière Nidaa Tounes avec 300 000 voix, puis… des miettes. Avec donc moins de 10% des voix (le nombre des électeurs inscrits étant de cinq millions cinq cents), Ennahdah sera selon toute probabilité appelée à former le prochain gouvernement. Elle ne peut le faire cependant sans l’appoint d’un parti-croupion. Système électoral oblige.

     

    Nidaa Tounes poursuit sa descente aux enfers et ne peut prétendre à quelque rôle d’importance. Ses héritiers regroupés dans la nouvelle alliance parlementaire sous l’appellation de « groupe national » aspirent à rééditer l’expérience de Nidaa Tounes, mais comme le disait Karl Marx : « l’histoire se répète tout d’abord comme tragédie, après comme farce ». Le rapport de forces les obligera à assumer ce rôle de parti-croupion, quelques soient leur ambition et leurs intentions. Le consensus sera reconduit mais sous forme de tragédie, l’alternance sera renvoyée aux calendes grecques et les Tunisiens se rappelleront avec nostalgie du temps de messieurs Sayah et Ben Ali, qui eux au moins portaient un projet moderniste.

     

    Ce tableau apocalyptique n’aurait pu être brossé n’eut été le repli de l’opinion : deux tiers des électeurs se sont réfugiés dans l’abstentionnisme auxquels il faudrait ajouter les 11% qui ont voté pour les indépendants, soit au total 77% des Tunisiens qui ont exprimé à l’occasion des municipales, leur désaffection et leur défiance à l’égard des partis. C’est là le cœur de la crise tunisienne et à moins de la traiter, ça sera une longue marche dans le tunnel. Pour éviter cela il faudrait un sursaut dans l’opinion et ce sursaut ne peut venir que de l’élite. Ça sera l’objet d’un prochain papier.

     

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *