Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

La grande maison se vide, inexorablement…

Article réservé aux abonnés

    Personne ne croit en la tenue d’un congrès électif transparent et juste au sein de Nidaa Tounes début mars 2019. Une salve de démissions du bloc parlementaire de Nidaa Tounes vient confirmer ce que les principaux observateurs auguraient déjà depuis un certain temps. Les efforts sincères et désintéressés de Boujemâa Remili pour tenter de parvenir à ce congrès et à faire en sorte qu’il donne un leadership légitime à Nidaa vont probablement aboutir à un échec.

     

    Beaucoup de choses ont été dites à propos de Nidaa Tounes et de ce fameux congrès, à tel point que certains leaders du parti n’hésitent pas à taxer les médias de partialité puisque, selon eux, ceux-ci ne critiquent jamais Ennahdha. Mais il existe un aspect qui mérite d’être creusé au vu de la situation actuelle de ce parti. Il est nécessaire de s’arrêter sur le vide politique des leaders de ce parti. On pourrait presque parler d’analphabétisme politique. Je parle ici de la politique en tant que philosophie, en tant que science, en tant que mode d’administration des affaires publiques tel que les grecs l’avaient conçue. Je ne parle pas de politique politicienne qui concerne les jeux d’influence et d’alliance, les micmacs et les petits arrangements. Les leaders de Nidaa Tounes ne sont pas du tout en manque de ces agissements.

     

    Il y avait un certain nombre de personnes dans le Nidaa Tounes de 2014 qui apportaient cette caution politique nécessaire dont principalement Béji Caïd Essebsi. Après sa victoire à l’élection présidentielle, ce dernier a décapité son parti en emmenant avec lui ceux qui, justement, peuvent se prévaloir d’avoir un bagage politique important, à l’instar d’un Mohsen Marzouk par exemple.

    Depuis cette date, le parti Nidaa Tounes a été abandonné aux magouilles et aux traitrises, à la guerre de positionnement qui permettraient de tirer le maximum de profit possible du fait d’être proche du pouvoir. Rappelons les fuites des réunions internes de Nidaa Tounes et la colère des dirigeants contre un Youssef Chahed « qui refuse de les servir », ou encore l’épisode concernant Sofiène Toubel et sa conversation fuitée avec un autre élu de Nidaa qui voulait que son fils soit bombardé délégué. C’est pour cela que Nidaa Tounes est devenu un parti de magouilleurs, de lobbyistes et d’escrocs dans certains cas. C’est d’ailleurs le constat très juste qu’avait dressé un jour Slim Riahi avant de devenir aujourd’hui le secrétaire général de ce même Nidaa après la fusion avec l’UPL.

     

    En parlant justement de vide politique, Slim Riahi et son parti (UPL) ont vacillé, depuis la fondation de cette formation, entre le modernisme acharné et la défense de la Chariâa. Des positions dictées par la conjoncture immédiate et qui ne sont, en aucun cas, basées sur des convictions profondes ou sur une doctrine politique déterminée. Même chose pour Nidaa Tounes malgré le fait qu’il ait gagné des élections. D’ailleurs, on se demande toujours si c’est Nidaa qui a gagné ou si c’est Ennahdha qui a perdu. Les dirigeants de Nidaa Tounes ne savent que répéter cette vieille rengaine de l’héritage bourguibien réformiste et des racines destouriennes du parti. C’est bien beau mais ce n’est pas un projet politique crédible en 2019. Leur ignorance de la chose politique dans le sens noble du terme les empêche de pouvoir alimenter cet héritage par un projet, par une démarche politique. Ils se contentent de répéter les mêmes mots d’ordre mais avec un marketing légèrement différent d’élection en élection. Conscient des limites de leurs démarches, ils ne supportent pas que l’on vienne leur disputer cet héritage bourguibien qui parle à une certaine partie de l’électorat. Une raison supplémentaire de détester Youssef Chahed et son nouveau projet politique.

     

    Nidaa Tounes a beaucoup de mal à se réinventer car il s’agit d’un parti qui fomente mais ne réfléchit pas. Il s’agit d’un parti tacticien mais en aucun cas stratège. Il s’agit d’un parti qui possède de gros bras mais qui n’a pas de matière grise. Le seul point commun qui existe entre tous ceux qui composent Nidaa Tounes s’appelle Béji Caïd Essebsi, et il n’en existe aucun autre.     

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *