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Ali Laârayedh ne veut que le bien… des terroristes

 

Vous me diriez que je radote, qu’il y a plus important, que ce n’est pas le moment propice, parce que ce n’est (et ça ne sera) jamais le moment. Vous feriez ressortir les arguments de la crise politico-économique, des grèves à répétition et d’une précampagne qui s’annonce houleuse. D’autres assureront avec force conviction que l’égalité entre les genres, qu’elle soit en matière de succession ou autre, que les libertés individuelles, ne sont autres que des préoccupations d’une élite bourgeoise déconnectée de la réalité et des véritables problèmes du pays. Un pays qui ne saura faire sa révolution culturelle (rien à voir avec celle chinoise) qu’avec des citoyens libres, égaux, pleinement conscients de leurs droits et devoirs dans le respect mutuel.

D’autres aussi me diraient que ce ne sont que des balivernes, qu’il ne s’agit que de pure fantaisie, que les Tunisiens continueront à sombrer dans l’ignorance et l’intolérance qui se propage à vitesse grand V ; qu’il ne servirait à rien de légiférer : les mentalités n’évolueront pas, que c’est peine perdue. Pourtant les mentalités ont été amenées à évoluer du temps de nos grands-parents. Depuis la promulgation d’un certain Code du statut personnel, une révolution législative à l’époque, la société tunisienne a évolué. Les rétrogrades de nos jours, comme ceux d’hier, refusent de nouvelles réformes ressenties comme des concessions.

Certains n’hésiteront pas à remettre en cause le caractère indivisible et absolu des droits humains et, aux dernières nouvelles la femme fait partie de cette ‘espèce’. Quand on affirme que l’égalité dans l’héritage n’est qu’une préoccupation bourgeoise, on oublie les milliers d’épouses, filles, sœurs démunies, spoliées de leur droit à la succession. On oublie ces femmes qui travaillent la terre de leurs parents à la sueur de leur front et qui s’en trouvent évincées parce qu’elles porteront un jour le nom d’une autre famille !

 

Parmi ces rétrogrades, il y a bien évidemment les islamistes, ceux qui s’opposent ouvertement à l’égalité entre les genres traitant toutes les personnes qui cautionnent, d’impies et d’hérétiques, et ceux plus pernicieux encore d’Ennahdha. Un parti qui s’attèle à vendre, depuis un moment, sa reconversion ‘civile’ en séparant le religieux du politique. « Ennahdha réagira positivement au projet sur l’égalité successorale », « Ennahdha préconise un référendum », « Ennahdha ne veut pas que les sentiments des bons croyants soient offensés », etc…

Et puis il y a certaines déclarations glaçantes de ses dirigeants. Ali Laârayedh nous en a fait la démonstration. Ancien chef du gouvernement et ministre de l’Intérieur, monsieur le député ne veut pas fâcher les terroristes avec ce projet de loi qui les conforterait dans leurs convictions que la Tunisie n’est autre qu’un Etat apostat ! Tout conciliant et gentil, Ali Laârayedh enrobait son inquiétant message en faisant valoir l’intérêt du pays qui s’en trouverait attaqué par des terroristes pour le seul fait de respecter les dispositions de la constitution. Ali Laârayedh est gêné que la loi sur l’égalité successorale passe maintenant parce que bien évidemment, ce n’est pas le moment, que nous sommes en pleine année électorale et sous prétexte que ça enfreint le Coran. Un présumé homme d’Etat qui veut gentiment éviter de courroucer des hors-la-loi, ennemis de l’Etat, on aura tout vu et tout entendu !

 

En sabordant de la sorte le caractère civil de l’Etat, monsieur Laârayedh montre les véritables desseins de ses frères. En demandant à l’Etat de prendre en considération les sentiments de ces pauvres terroristes avant de voter une loi, monsieur Laârayedh nous envoie un autre genre de colis empoisonné…

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