L’agence de notation Fitch Ratings a confirmé la note de défaut émetteur (Issuer Default Rating – IDR) à long terme en devises attribuée à la Tunisie à «B +» avec une perspective négative.
Dans son analyse publié le 27 juin 2019, l’agence explique que «la notation de la Tunisie est impactée par le double déficit important qui entraîne une dette publique et extérieure élevée et croissante, un environnement politique difficile et une croissance économique timide. Ceci est contrebalancé par des indicateurs de gouvernance solides, une structure économique diversifiée et un soutien continu des créanciers publics. Les perspectives négatives reflètent les pressions actuelles sur les liquidités extérieures, la faiblesse des marges de manœuvre extérieures et budgétaires ainsi que l\’incertitude quant à la poursuite des réformes, en particulier dans le contexte des prochaines élections générales».
Fitch s\’attend à ce que le déficit du gouvernement central, y compris les dons, se réduise de 4,5% en 2018 à 4% en 2019, contre un objectif officiel de 3,7%. Le gouvernement prévoit de compenser l\’impact des augmentations de salaire imprévues de la fonction publique de 0,6% du PIB en 2019 par des gains inattendus provenant d\’une hausse des salaires dans les secteurs privé et public, de meilleures collectes des impôts et une réaffectation des dépenses. Selon les prévisions de l\’agence, l\’écart budgétaire devrait encore se réduire à 3,3% du PIB en 2021, sous l\’effet d\’une politique d\’embauche restrictive et d\’une nouvelle réforme des subventions énergétiques qui feront plus que compenser l\’impact de la hausse des coûts des intérêts de la dette. L’approbation par le parlement d’une loi sur la réforme des retraites en avril réduira les pressions budgétaires à court terme résultant des transferts au fonds public à la CNRPS.
Selon son scénario de référence, la dette publique atteindra 82% du PIB en 2020, bien au-dessus de la médiane actuelle de «B» de 56% et de 55% en 2015, sous l\’effet de déficits élevés et d\’une dépréciation du dinar. La dette en devises représente 75% du total, exposant ainsi la trajectoire de la dette aux fluctuations du taux de change.
En outre, l’agence de notation s\’attend à une croissance moyenne du PIB de 3% en 2019-2021, contre 1,8% au cours des trois années précédentes.
Les perspectives de croissance à moyen terme sont confortées par les robustes normes développement humain et par le solide potentiel du pays dans les domaines de l\’agriculture, des industries extractives, du tourisme et de la fabrication.










