Par Sofiene Ben Hamida
A la fin de cette semaine difficile, et maintenant que les choses semblent se stabiliser et rentrer dans l’ordre, on pourrait presque dire que la maladie du président de la République, Béji Caid Essebsi, a permis de démasquer cette cinquième colonne, la brigade des nuls qui s’agite parmi nous.
Ses composantes ne sont pas homogènes. Il y a les nuls à cause de leur ignorance et leur manque de discernement. Mais il y a aussi ceux qui font partie de cette brigade parce que leur égocentrisme les étouffe ou parce qu’ils sont ravagés par la haine qui les ronge de l’intérieur. Enfin, il y a ceux qui se croient plus intelligents, plus politiques et qui adhèrent à cette brigade par populisme et calculs politiciens pour se retrouver au final aussi mesquins et aussi nuls que les autres. En cela, effectivement, l’adage se trouve confirmé : à quelque chose, malheur est bon.
Dans la catégorie des ignorants et des imbéciles, il y a beaucoup parmi le peuple des facebookiens qui, assis derrière leurs claviers, croient pouvoir changer le monde, détenir la vérité et influencer le cours des événements. La plupart d’entre eux, généralement les plus prolifiques, ne se sont jamais intéressés à la politique, n’ont jamais exprimé un avis ou même acheté un journal de l’opposition avant la révolution. Par leur hyper activité virtuelle, ils pensent pouvoir racheter leur lâcheté d’antan et récupérer le temps perdu. Aujourd’hui, ils doivent se rendre à l’évidence que la politique est un véritable métier qui nécessite certaines compétences. Ils pourront toujours profiter de leurs droits de citoyens et s’exprimer sur ce qui se passe dans leur pays, de préférence sur le terrain et non derrière un clavier, mais sans jamais se prendre pour ce qu’ils ne sont pas.
Dans la catégorie des haineux et des cœurs pourris, la palme revient à des jeunes qui, malheureusement pour eux, n’ont rien compris et sont restés prisonniers des rancœurs transmises par leurs parents envers ce pays. Il s’agit de l’hypocrite Amira Yahyaoui qui a manqué de politesse, de tact, et qui a raté l’occasion de se faire oublier. Il y a aussi Intissar Ghannouchi, fille de son père Rached, qui a annoncé solennellement le décès du président avant d’effacer son post, vraisemblablement sur insistance de son père plus rodé dans l’exercice de maîtriser ses réactions. Mais les faits sont là : dans un instant d’euphorie, son jeune âge aidant, la fille du chef des islamistes n’a pu se retenir et a laissé s’exprimer toute la haine qu’elle porte à ce pays et dans laquelle elle a été bercée depuis toujours. On ne s’attardera pas sur le cas du Rekik, comme son nom l’indique, qui a passé sa vie à jouer l’eunuque de sombres et obscurs émirs du Golfe et qui, depuis la révolution, ne rate pas une occasion pour médire son pays.
Mais les plus nuls parmi les nuls sont ces journaleux, ces « constitutionnalistes » de fortune, ces députés bas de gamme et ces dirigeants politiques par accident qui, par précipitation, par mégalomanie, par populisme ou par calculs politiciens malsains, ont contribué à créer la tension, se souciant plus de leurs petites personnes et de leurs petits intérêts que de l’intérêt du pays. A quelques semaines des élections, peut-on encore faire confiance aux islamistes qui ont montré, encore une fois, que leur souci majeur reste le pouvoir, rien que le pouvoir, même si cela passe par les magouilles les plus immondes ? Peut-on encore faire confiance à Abir Moussi dont le populisme, l’hystérie, la mauvaise foi et le cloisonnement dans la logique du complot inhibe toute capacité de discernement chez elle ? Quant à Néjib Chebbi, qui a choisi ce moment de détresse nationale pour nous rappeler qu’il se cramponne toujours à son rêve de devenir président, la question ne mérite même pas d’être posée. Non assurément, le pays a besoin de dirigeants de bien meilleure qualité.










