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L’UGTT, nouveau cache-misère de Imed Daïmi

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    Un cache-misère est un vêtement ample de bonne apparence sous lequel on cache des habits usés ou, plus généralement, ce qui cache quelque chose de misérable. Ceci est valable dans la vie courante, mais certains l’ont adopté également dans la vie politique, tel le député du Harak, Imed Daïmi.

    Pour justifier son travail, voire son existence politique, devant ses militants et son public, il a pris l’habitude de remplir sa page Facebook de faits à l’apparence héroïque. Se vêtant des habits de lutteur acharné anti-corruption (vêtements préalablement portés jusqu’à l’usure par le couple Abbou), Imed Daïmi s’en prend régulièrement à une personnalité du monde des affaires ou une grande institution pour taper dessus du matin au soir.

    Ainsi, et après la SNTRI, Tunisair et la Transtu, après l’homme d’affaires Férid Abbes et plusieurs responsables syndicaux et personnalités médiatiques, c’est au tour de l’UGTT de servir de cache-misère pour Daïmi. A chaque période ses priorités et toujours la même rengaine, le député se prend pour l’inspecteur Gadget qui fait de l’investigation puis court vers le Tribunal pour se prendre en photo après avoir déposé une plainte. S’il arrive que la plainte soit classée ou que la personnalité épinglée nommément soit blanchie, Imed Daïmi se tait. Et peu importe son honneur sali, l’essentiel est qu’il paraisse héroïque devant son public.

    En cette période, donc, Imed Daïmi ne s’occupe que de l’UGTT et de ses hypothétiques malversations. En réaction, son public tombe dans le piège avec les deux pieds et applaudit l’héroïsme de son idole et sa lutte contre la corruption.

     

    Une excellente diversion qui lui permet d’éviter d’être interrogé et de rendre compte sur son absentéisme répété à l’Assemblée (plus de 30% en moyenne selon Bawsala), notamment lundi dernier devant la ministre de la Santé, de s’expliquer sur son népotisme de 2015 quand il voulait un HLM à Paris pour sa famille, sur les démissions massives de son parti et encore moins sur l’avancement de l’affaire de son compagnon Salim Ben Hamidène, mis en examen dans l’affaire de la BFT qui va coûter des centaines de millions de dinars à la Tunisie. Quant à l’affaire de ses frères, qui ont fait l’objet d’une enquête mort-née de la Ctaf, c’est une chose totalement oubliée. Tout comme les sources des financements de son parti, qu’on ne  connait toujours pas, ou les tricheries lors des élections de 2011 et 2014 enregistrées par l’Isie et la Cour des comptes. La diversion est d’autant plus utile cette semaine que le parti de Daïmi a essuyé un échec cuisant à la municipale partielle dimanche dernier.

     

    L’UGTT, Prix Nobel de la Paix, est actuellement épinglée du matin au soir par le député, plusieurs de ses membres sont salis publiquement et nommément et peu importe leur honneur et leur image devant leurs familles, l’essentiel est que Imed Daïmi réussisse ses diversions devant ses militants. Des militants qui réagissent par centaines sur Facebook, avec des like et des bravos, mais qu’on ne voit pas vraiment le jour du vote, comme cela s’est vu aux législatives de 2014 (le parti de Daïmi n’a obtenu que trois sièges), aux municipales de 2018 (il n’a obtenu que quelques strapontins) et à la municipale partielle de dimanche dernier où il n’a absolument rien obtenu !

    R.B.H.

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