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Adieu Monsieur le président !

 

Emile Deschanel disait : « On n’emporte en mourant que ce qu’on a donné », et Béji Caïd Essebsi aura beaucoup donné à son pays et au peuple tunisien. L’heure n’est pas aux bilans, à l’évaluation et au jugement. L’heure est au deuil et au recueillement, que les hyènes et les charognards qui se sont tout de suite jetés sur le cadavre le sachent.

 

Béji Caïd Essebsi était un grand commis de l’Etat avant de devenir un leader de parti et ensuite le président de la République. Il aura consacré sa vie depuis sa jeunesse, au service de l’Etat tunisien et de la Tunisie. C’est grâce au travail et à l’abnégation de gens comme lui qu’aujourd’hui, le président de notre République s’est fait soigner au mieux par des médecins tunisiens et qu’il est décédé dans un hôpital tunisien. C’est notamment grâce à ce qu’il a fait, qu’aujourd’hui, le pays n’est pas bloqué et encerclé par des tanks à tous les rondpoints parce que le président est mort. Que les gens continuent à vaquer à leurs occupations tranquillement même si chacun d’eux garde en tête la mort de Béji Caïd Essebsi.

Nous avons une constitution en Tunisie, un parlement élu et un gouvernement, et nous n’avons pas peur de ce qui vient. On saura gérer comme la Tunisie a su gérer d’autres crises. Le président de notre République est décédé dans l’exercice de ses fonctions, il n’a été ni renversé, ni pourchassé. Il est mort dans son pays et y sera enterré. Tous les partis politiques, toutes les organisations, tous les syndicats ont posé les armes le temps du recueillement et tout le monde a eu une pensée émue pour le chef de l’Etat, même parmi ses plus virulents opposants. Quant à la charogne, elle ne mérite même pas d’être évoquée.

 

Béji Caïd Essebsi aura laissé un héritage pour la Tunisie. Un héritage dont on devrait tous s’inspirer pour les jours et les années qui viennent. La première des leçons est celle du respect inconditionnel de la constitution. Il n’a jamais caché avoir des réserves sur ladite constitution et sur les pièges qu’elle contient, mais il s’est toujours contraint à la respecter. La deuxième leçon est celle de la mesure, du consensus et de la raison. Depuis la révolution, Béji Caïd Essebsi a eu des dizaines d’occasions pour surenchérir, pour entrer dans des guerres parfois fratricides, mais il a toujours privilégié le dialogue et la diplomatie. Il a toujours refusé de jeter la Tunisie dans le vide et a toujours voulu obtenir les plus larges des consensus même quand il était en position de force et même si ses soutiens et son entourage le poussaient vers la surenchère.

La Tunisie a perdu aujourd’hui l’un de ses bâtisseurs, un de ces personnages dont l’Histoire de ce grand et magnifique pays écrira le nom en lettres d’or. La Nation ne peut qu’être reconnaissante envers cet homme et tout ce qu’il a fait pour son pays.

 

Je n’ai pas été souvent d’accord avec Béji Caïd Essebsi, les chroniques publiées sur nos colonnes en attestent. Toutefois, le respect est de mise envers un homme qui s’est exposé, qui est parti au charbon alors qu’il aurait pu rester paisiblement chez lui. Un homme qui a pris en main le destin du pays quand il était au plus bas, et qui a risqué sa santé, sa tranquillité et même sa vie pour ne pas laisser sombrer la Tunisie. On peut toujours critiquer et analyser son action, c’est ce qu’on faisait de son vivant, mais il faut avouer qu’il y a eu « action » là où d’autres se seraient plutôt cachés.

Comme Béji Caïd Essebsi, nous sommes tous guidés par l’amour de notre patrie. Le temps est à la solidarité et au resserrement des rangs car les charognes sont là. Le temps est à l’abnégation et à la détermination. Soyons fiers de l’héritage que laisse Béji Caïd Essebsi. Soyons fiers de nos institutions qui ont su gérer le décès du président et assurer la continuité de l’Etat tunisien. Soyons fiers de nous car on laisse nos différends de côté le temps du deuil. Soyons fiers d’être les citoyens d’un pays dont le président meurt dans l’exercice de ses fonctions et se trouve pleuré par tout un peuple. Soyons fiers d’appartenir à ce bout de terre appelé Tunisie. Je pense que c’est le meilleur cadeau que l’on puisse faire à Béji Caïd Essebsi.

 

Vive la Tunisie, pour l’éternité !

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