Le tabac tue plus de 8 millions de personnes chaque année dans le monde dont 7 millions sont des consommateurs ou d’anciens consommateurs, et environ 1,2 million des non-fumeurs involontairement exposés à la fumée, ce qui en fait l’un des plus grands défis de la santé et un facteur de risque majeur.
Dans son dernier rapport sur le tabagisme mondial rendu public le vendredi 26 juillet, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) conclut que « Pour tous les utilisateurs d’inhalateurs électroniques de nicotine, l’aérosol inhalé contient des substances toxiques qui peuvent accroître le risque de cancer ou de maladie cardiovasculaire ou pulmonaire » et ajoute « les inhalateurs électroniques de nicotine ne sont pas sans danger mais sont généralement moins dangereux que les cigarettes ».
Confusion générale : le monde s’interroge
Une position en contradiction avec les rapports de nombreuses instances sanitaires mondiales et d’éminents chercheurs. En effet, selon le baromètre sur la cigarette électronique et la prévalence tabagique, publié par l’Union européenne, 14 % des fumeurs Européens ont réussi à se sevrer totalement grâce à la cigarette électronique dont 700.000 en France durant les 7 dernières années, chiffres communiqués par Santé publique France et appuyés par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de Santé publique France selon lequel « la cigarette électronique constitue l’alternative au tabac préférée des Français qui tentent d’arrêter de fumer ».
En France, selon l’Académie nationale de pharmacie qui réagit au rapport sur Twitter, celui-ci est une « incompréhensible position de l’OMS. Le tabac est responsable de 73 000 morts en France. L’e-cigarette permet d’arrêter de fumer. Ses composants sont à l’évidence moins nocifs que le tabac » et cite Pr Gérard Dubois, membre de l’Académie nationale de médecine, qui dénonce ce rapport comme une « erreur de communication invraisemblable ».
Invité le 31 juillet 2019 sur le plateau de l’émission « On a tellement de choses à se dire » de RTL, il ajoute « La cigarette électronique est destinée aux fumeurs car ils sont en danger, le tabac tue 8 millions de personnes [dans le monde] chaque année (…) Si vous voulez comparer les deux en termes de dangerosité, c’est comparer le pistolet à bouchon avec un canon de marine ».
Le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue et défenseur de la cigarette électronique, cité aussi par l’Académie nationale de pharmacie, s’inquiète sur son compte Twitter que le message de l’OMS n’aggrave « la méfiance des fumeurs envers l’e-cigarette » et ait un « effet délétère sur les tentatives d’arrêt ».
En Angleterre, Le Royal College of Physician et Le Public Health England affirment que les cigarettes électroniques seraient 95% moins nocives pour la santé que le tabac et qu’elles peuvent aider les fumeurs à arrêter de fumer. Ce qui va à l’encontre des dernières affirmations de l’OMS dans son septième rapport sur l’épidémie mondiale de tabagisme publié le 26 juillet 2019 à Rio De Janeiro.
Aux Etats-Unis, une étude menée au sein de l’Université d’Oxford publiée le 11 juillet 2019 par la Société pour la Recherche sur la Nicotine et le Tabac, auprès de fumeurs américains adultes à l’échelle nationale, , conclut que « l’utilisation quotidienne de la cigarette électronique, comparée à l’absence de cigarette électronique, était associée à une probabilité accrue d’abstinence prolongée de la cigarette de 77% au cours des deux années suivantes. L’utilisation régulière de cigarettes électroniques peut aider certains fumeurs à cesser de fumer des cigarettes combustibles. » .
L’Académie des sciences américaine dans son étude sur les conséquences sur la santé publique de l’e-cigarette publiée le 23 janvier 2018, réalisée par des dizaines de chercheurs qui ont passé au crible plus de 800 études scientifiques affirme qu’il existe des preuves concluantes que le fait de substituer le tabac par la cigarette électronique réduit l’exposition des utilisateurs à de nombreux produits toxiques et cancérigènes présents dans les cigarettes classiques et qu’il Il y a des preuves substantielles que l’abandon complet de l’usage régulier du tabac grâce à la cigarette électronique entraînent une réduction des effets indésirables à court terme sur la santé.
Des affirmations en contradiction avec ceux de l’OMS.
En Allemagne, le Ministère Fédéral Allemand de la Santé a annoncé que le fait de passer à la cigarette électronique pouvait constituer une alternative plus saine pour les fumeurs dépendants et / ou forts, en particulier si les fumeurs ne voulaient pas vivre sans la nicotine et souhaitaient une alternative à la consommation de tabac. Selon le même ministère, il n’est pas clair que les cigarettes électroniques encouragent le tabagisme en général : »la proportion de jeunes fumeurs a diminué de manière continue au cours des dernières années, malgré l’augmentation de la consommation de cigarettes électroniques ».
En outre l’Institut Fédéral pour l’Évaluation des Risques (BfR) révèle dans son étude publiée dans la revue scientifique « Archives of Toxicology » que les produits de Tabac Chauffé tel que l’IQOS de Philip Morris, contiendraient beaucoup moins de quantités de composants nocifs par rapport aux cigarettes traditionnelles.
Encore une preuve que la position de l’OMS prête à confusion et devrait être revue et corrigée rapidement.
Des effets à long terme à vérifier, reconnue comme nocive, certes, mais moins que les cigarettes combustibles
L’OMS affirme que «les effets à long terme des inhalateurs électroniques de nicotine restent inconnus», mais reconnaît que la cigarette électronique est «incontestablement nocive». Une position qui ne manque pas d’ajouter une confusion supplémentaire à la situation et à embrouiller les fumeurs.
Si l’OMS confirme les résultats des études qui ont comparé les effets de la cigarette électronique à celle du tabac et selon lesquels les risques du vapotage sont incomparables à ceux du tabagisme, l’organisation déconseille son utilisation même en tant qu’outil de sevrage. Une affirmation remise en question par l’étude du New England Journal of Medicine menée au sein du «Stop Smoking Services». En effet, l’étude apporte la preuve que la cigarette électronique est deux fois plus efficace que les substituts nicotiniques classiques pour arrêter de fumer. L’utilisation de cigarettes électroniques et de varénicline en Angleterre serait associée à des taux d’abstinence plus élevés après une tentative d’arrêt. La thérapie de remplacement de la nicotine sur ordonnance est également associée à des taux d’abstinence plus élevés, mais uniquement chez les fumeurs plus âgés, et à l’utilisation de sites Web uniquement chez les fumeurs de statut socio-économique inférieur.
La réduction des risques comme 3ème pilier ?
Il convient de mentionner que selon l’OMS, il y aura toujours un milliard de fumeurs dans le monde aux horizons de l’année 2025 : les meilleures stratégies restent évidemment la prévention (ne jamais commencer à fumer) et la cessation (arrêter de fumer), mais une approche de réduction des risques via des alternatives moins nocives pourrait vraisemblablement présenter une porte de sortie pour ce milliard de fumeurs en réduisant leur exposition aux maladies liées à la cigarette conventionnelle. Une stratégie que l’on ne peut se permettre de négliger, à bon entendeur…










