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Isie : les dépassements d’une instance aux lois archaïques

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    En cette année électorale et à l’approche des échéances, l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), se trouve sous les feux des projecteurs. Tous les regards sont braqués sur cette instance qui a la mission d’organiser et de superviser l’opération concrétisant le processus démocratique en Tunisie.

     

    Gel du poste de porte-parole de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie). Voilà la dernière décision du conseil de l’instance. Une décision qui a été motivée par la nécessité d’accorder la possibilité à tous les membres de l’instance de s’adresser aux médias et de leur fournir des déclarations et des informations exclusives. Cette décision a été très critiquée et a suscité une vive polémique parmi les observateurs. En effet, une telle démarche ne fera que multiplier les vis-à-vis et pourrait contribuer à semer le flou à travers des déclarations multiples et diverses provenant de plusieurs intervenants.

     

    Cependant, certains membres de l’Isie veulent attirer l’attention des médias et se précipitent à accorder les déclarations ou encore publier les informations via leurs pages Facebook. D’ailleurs, le membre de l’instance Anis Jarboui, présent sur le plateau de Myriam Belkadhi avait même menacé de fermer sa page Facebook, privant ainsi les hommes de médias de ces informations exclusives publiées en temps réel, selon ses dires. Anis Jarboui considère qu’il fournit des privilèges aux médias, ainsi qu’une efficacité qui dépasse le rôle et la mission d’un porte-parole officiel.

     

    Un autre volet, et non des moindres, qui est reproché à l’instance c’est l’interdiction des sondages lors de toute la période électorale. Dans toutes les démocraties qui se respectent, les sondages d’opinion sont permis jusqu’au dernier jour de la campagne électorale. Or, tout le monde sait que les sondages d’opinion existent bel et bien et tous les instituts réalisent des sondages qui leurs sont commandés par les partis politiques ou des organisations nationales. Ces sondages, bien qu’interdits, circulent sur les réseaux sociaux. Les gens les échangent et se forgent des opinions sur leur base. Plusieurs analyses politiques sont réalisées à la lumière de ces résultats et les campagnes électorales oscillent en leur fonction.

     

    C’est dire qu’avec le développement des réseaux sociaux et les moyens d’échange, il est, désormais, archaïque d’interdire ces sondages. Il est beaucoup plus judicieux de réglementer ce secteur que d’y faire l’impasse et le laisser prospérer dans l’illégalité. Un cadre juridique adéquat permettrait, ainsi, à toute la classe politique d’agir en conséquence au lieu de laisser place à la confusion et aux mensonges.

     

    Toujours dans le cadre des reproches faites à l’Isie, on retrouve cette question de privilèges accordés aux candidats les plus représentés au parlement, lors des débats télévisés. En effet, la décision commune de la Haica et de l’Isie accorde le privilège de choisir le jour du grand débat télévisé à Youssef Chahed, Abdelfatteh Mourou et Mohsen Marzouk, considérés comme étant les plus représentatifs au parlement.

    Cette décision, faut-il l’admettre frappe le principe d’équité des chances entre les candidats, d’autant plus que la représentativité parlementaire n’a rien à voir avec la candidature à la présidentielle. Permettre aux trois candidats les plus représentés au parlement, actuellement, de choisir le jour de leur passage, tout en leur évitant de s’affronter mutuellement constitue une réelle aberration n’ayant aucune explication plausible ou logique.

     

    En tout état de cause, l’instance supérieure indépendante pour les élections demeure un acquis de la Tunisie post révolution. Elle est parvenue à tenir des élections reconnues à l’échelle internationale en 2014, toutefois il ne faut en aucun qu’elle se repose sur ses lauriers. Une remise en question est plus que nécessaire. C’est dire que les lois et les procédures la régissant ne peuvent être figées dans le temps. Une approche évolutive est plus que recommandée afin de pouvoir suivre l’élan de développement technologique.

    D’autre part, cette instance indépendante se doit d’être à distance égale de toutes les parties prenantes, tout en évitant de s’impliquer dans les tiraillements politiques de tout genre.

     

    Sarra HLAOUI

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